Vacarme 04/05 / actualités

la vie sans s’arrêter

Les vacances sont finies, seulement pour ceux qui en ont eu, et tout va continuer comme avant, et tout va changer, et il y aura peu d’écart, et de nouvelles aurores attendues ne viendront pas, et d’autres, inespérées, jusque-là indifférentes, brilleront soudainement de tout leur éclat, et il y aura encore de ces nuits solitaires et sans lune, où l’on boit sa vie par le goulot, sans s’arrêter, surtout sans s’arrêter, parce que sinon cela fait trop mal, et il y aura ces mêmes matins pleins de sève, que l’on dévale à toute allure, sans s’arrêter non plus, parce qu’il faut un peu profiter de la vitesse acquise, parce qu’on ne peut pas toujours s’adonner sans compter à sa propre déréliction, parce qu’heureusement les tours ne se suivent pas toujours et les saisons non plus, parce que parfois chacun doit continuer sa route de son côté, en pleurant, en riant, et en se moquant du monde, sans s’arrêter, surtout sans S’arrêter, et toujours sans rancune. Nous partons donc nager un peu plus loin et servir de doubles imaginaires à d’autres, avec tristesse et entrain, parce qu’on ne doit pas s’arrêter. Nous espérons ne pas faire trop de bruit et ne pas avoir trop gêné. Vous nous manquerez. Adieu, Farewell.

Claude Raquist, Bernard Morlin, Paul Artus, Jean-François Sarpi, Jacques Quesde

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Publiée dans Vacarme 04/05, , page 24.