points de suspension

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J’ai connu ces vingt dernières années en France, et dans quelques pays européens voisins, au hasard des rencontres, des peintres, des graveurs, des sculpteurs,... des plasticiens. J’ai souvent gardé de ces rencontres des notes de carnet, des photos de personnes, des photos d’œuvres, que j’ai empilées ici et là sans savoir si j’en ferais un jour quelque chose... On imagine bien cependant à quoi je pense, une topographie imaginaire, un « cabinet ». J’ai tiré de ce fatras des reproductions - des choses photographiées il y a dix ou vingt ans — et je les ai montrées à nouveau à leurs auteurs... Première image : Brigitte Cardinal, installation (lin et grillage), 1981.

[Marc Laurens]

« C’était à Cracovie, en 1981... Donc 81, c’était l’état de guerre en Pologne. L’atelier qu’on me prêtait avait quelque chose d’un peu luxueux, il y avait des radiateurs, les gros tubes qu’on voit à gauche. Dans les magasins, à l’inverse, on ne trouvait absolument rien. Ni à manger, ni fournitures. Le lin, ce sont des cordes qui m’ont été données par la femme du professeur des Beaux-Arts qui me recevait et que j’ai détressées, défaites. Le grillage, c’est de la récupération... Je ne cherchais pas à représenter quelque chose... C’était translucide, ça ne l’est plus. Je voulais qu’à chaque intersection du grillage soit accroché un fil de lin... C’est toujours le problème de la transparence... Remarque, sur la gauche, il y a un support en fer, le lin comme un dévidoir et tout en haut, au-dessus, une plume. J’ai beaucoup travaillé avec ces plumes par la suite. »

[Brigitte Cardinal]

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Publiée dans Vacarme 04/05, , page 83.