Vacarme 49 / lignes

responsabilités en miettes

par Michel Agier & Marie Cosnay

Sans doute cela faisait-il partie d’un scénario provocateur. Au lendemain de l’élection présidentielle de mai 2007, la création du ministère de l’Identité a lancé sur la scène publique des mots qui désignent l’étranger séparé d’un « nous » national. Ils furent dans le même temps les mots d’un mystérieux secteur de gouvernement dont on ne voyait pas bien la fonction, submergée par tant de symboles : « identité » comme cause nationale, « intégration » comme autre mot de l’exclusion, « immigration » comme problème identitaire… L’agression était violente, frontale, mais verbale, mais idéologique, mais politicienne (plaire à l’extrême droite pour « neutraliser » le FN ?). Les mots des sciences sociales étaient retournés, instrumentalisés, les chercheurs et les militants associatifs et politiques se sentaient concernés pour en débattre, préciser leurs idées, mettre leur savoir au service du débat de société. L’Afrique fait partie de l’histoire longue de la France, avons-nous défendu dans cette ligne de Vacarme, et la France qui rejette les Africains s’écarte du monde où tout bouge. La pluralité culturelle est compatible avec la politique républicaine. Le « sabir des banlieues » ou la langue créole n’ont pas à être humiliés pour que leurs locuteurs aient droit à la citoyenneté… Mais Sarkozy et les siens n’ont pas poursuivi le débat. […]

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publié dans Vacarme 49 automne 2009

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