Vacarme 58 / cahier
Le 28 janvier 2010, Mataliwa Kulijaman, Amérindien Wayana de Guyane française, me rendit visite dans mon bureau du Laboratoire d’anthropologie sociale. Je le connaissais par Kaptelö, un recueil de récits traditionnels écrit en collaboration avec la linguiste Éliane Camargo [1]. J’en avais publié un compte-rendu. Sur les conseils de cette dernière, qui préparait avec lui un dictionnaire bilingue wayana et français, il était venu me présenter son nouveau projet : répertorier l’ensemble des motifs graphiques traditionnels des Wayana. Il me montra un cahier de petit format dans lequel il avait déjà inventorié, à partir de diverses sources, une centaine de motifs, tous dessinés au crayon de papier et la plupart accompagnés de leur nom en wayana. Ce riche recensement où les motifs complexes étaient parfois décomposés en unités autonomes, m’évoqua immédiatement La Grammaire de l’ornement d’Owen Jones. Nous nous promîmes de nous revoir.
Mai 2011, Mataliwa était de retour à Paris, en tant que chercheur invité au Laboratoire d’anthropologie sociale. Il était venu, entre autres, poursuivre ses recherches sur l’histoire des motifs graphiques wayana. On venait de me proposer d’écrire le compte-rendu d’un livre sur les traditions graphiques des Wayana du Brésil [2]. Je demandais donc à Mataliwa ce qu’il pensait de l’ouvrage. Le texte était en portugais, langue qu’il connaît mal, avec de courts extraits en wayana. Mataliwa s’attacha à la traduction française de ces trois ou quatre fragments. Une fois le travail terminé, il apparut clairement que le texte le plus intéressant était
L'intégralité de cet article est disponible dans le numéro actuellement en vente en librairies ou sur commande.
[1] Mataliwa Kulijaman & Éliane Camargo, Kaptëlo. L’origine du ciel de case et du roseau à flèche chez les Wayana (Guyanes), Cayenne, GADEPAM/Paris, éditions du CTHS, 2007.
[2] Lucia Hussak Van Velthem & Iori Leonel Linke, Livro da Arte Gráfica Wayana e Aparai : Waiana anon imelikut pampila — Aparai zonony imenuru papeh, São Paulo, Iepé, 2010.