Les collectifs, le nombre et la machine

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Lentement, l’Europe, que l’on appréhendait comme un espace, s’impose comme un calendrier, avec ses rendez-vous et ses urgences. Face à la nécessité de penser à l’échelle européenne et face au calendrier institutionnel (la multiplication des normes communautaires, l’élargissement, la Constitution prévue pour 2004) se dressent les échéances militantes. Aujourd’hui, à mi-chemin entre deux Forums sociaux européens, celui de Florenceen novembre 2002 et celui de Saint-Denis en novembre 2003, Vacarme a voulu se transporter en Europe.

D’emblée, l’Europe s’impose comme une machine, un monument imprenable d’arcanes administratives impénétrables. Militer en Europe, aujourd’hui, ce peut être investir les rouages de cette machine, sans s’y laisser prendre, s’en saisir sans se laisser déposséder. Ce peut être, aussi, tenter de constituer, à travers le Forum Social Européen, un corps militant capable d’ouvrir de nouveaux espaces de négociation, un contre-pouvoir doté de propositions alternatives. Ce peut être, enfin, affirmer, dans l’arbitraire des frontières, la mobilité des mouvements et faire entendre la voix des «  sans » jusque dans ces grands rassemblements européens.

Dans cet espace public européen se retrouvent ces différentes tentatives de construction d’une opposition européenne aux politiques de l’Union.

Envisager l’Europe depuis le désordre des pratiques politiques qui s’élaborent dans son ombre portée ; embrasser l’Europe sans nier aussi les postures de refus, de distance  ; voir l’Europe qui s’écrit peut-être déjà comme institution fédérale des multitudes constituantes : tels sont les paris dispersés de ce chantier.

Pas plus que la carte n’est le territoire, les regards ici portés n’épuisent la diversité des parcours militants tracés dans l’arène européenne.

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Publiée dans Vacarme 23, , page 14.