Vacarme 74 / Égypte, 5 ans après

salafisme et contre-révolution en Égypte

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Comment comprendre la trajectoire politique du parti al-Nour, principal parti salafiste égyptien, créé juste après la révolution de 2011 ? En livrant une analyse serrée d’un parcours apparemment erratique, Stéphane Lacroix montre qu’au-delà des volte-faces, des calculs et renversements d’alliance, le mouvement salafiste a tenté d’utiliser le jeu démocratique sans vraiment y adhérer tout en étant lui-même instrumentalisé par les contre-révolutionnaires. L’analyse du jeu de al-Nour avec la démocratie jette un nouvel éclairage sur l’échec de la « transition démocratique ».

Le parcours apparemment erratique du parti al-Nour, principal parti salafiste créé dans la foulée de la révolution égyptienne de 2011, ne cesse d’étonner. Sa création, d’abord, fut une surprise pour beaucoup : l’organisation qui lui donna naissance, la « prédication salafiste » (al-da‘wa al-salafiyya), avait en effet toujours rejeté le jeu partisan, et ses cheikhs s’étaient ouvertement prononcé contre la démocratie, « système impie » [1]. Les salafistes d’al-Nour, devenu deuxième parti d’Égypte au terme des élections législatives de la fin 2011 où il rassembla plus de 25% des suffrages, conservèrent longtemps un positionnement ambigu vis-à-vis des Frères musulmans. Les deux mouvements unirent leurs voix pour défendre la sharia

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Post-scriptum

Stéphane Lacroix est politiste. Ses travaux portent sur l’autoritarisme politique et les résistances qu’il génère, les mouvements sociaux et les liens entre Islam et politique à l’époque contemporaine. Ses terrains de prédilection sont l’Arabie Saoudite et l’Égypte. Il a codirigé avec Bernard Rougier l’ouvrage collectif L’Égypte en révolutions, PUF, 2015.

Notes

[1Sa‘id Abd al-‘Azim, al-dimuqratiyya fi-l-mizan (la démocratie dans la balance), Dar al-iman, 2009.