qu’est-ce que la démocratie (participative) ?

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D’un côté, des élus s’efforçant de déployer leurs charmes mais souvent sans rien en rabattre, ou si peu, sur leurs prérogatives. De l’autre, des élans citoyens, plus ou moins désordonnés. Qu’est-ce que la démocratie participative ? Une sorte de grand malentendu le plus souvent, très irritant. Les termes mêmes ont l’inconvénient d’être usés jusqu’à la corde, ayant à peine servi : vaguement à Paris, Nantes ou Metz, dans la bouche de Ségolène Royal lors de la campagne de 2012. La brèche est étroite.

Et pourtant certains s’obstinent. Ils occupent les espaces qui s’entrouvrent. Au quartier des Coutures à Bagnolet, Nathalie Mangeot décrit un fonctionnement reposant sur l’hyper engagement d’un tout petit nombre de personnes, mais dont l’action ouvre de nouveaux champs. Ou bien, d’autres s’efforcent de bouger un peu les meubles. Il y a Grenoble, Untersheim ou Kingersheim, où les maires ont cherché à sortir d’un rapport entre électeur-consommateur et élu-magicien.

Dans le village de Saillans (Drôme), l’initiative est venue d’une équipe citoyenne. Nous y avons débarqué pour « voir ». Nous nous sommes entretenues avec Fanny Larroque, salariée de la mairie en charge de la participation citoyenne, Emmanuel Cappellin membre de l’Observatoire de la participation, et Sabine Girard, élue à la mobilité, l’environnement et l’énergie de la commune de Saillans. D’autre part, nous proposons le témoignage de Jean-Christophe Faure, qui s’est engagé au tout début de la campagne, en 2010, contre l’ouverture d’un supermarché, souhaitée par les élus du précédent mandat, en militant par ailleurs pour une toute autre gouvernance, transparente et participative. Depuis un an afin de continuer à contribuer au dynamisme du village, il a privilégié l’ouverture avec sa femme d’une petite librairie magnifique au centre du village sous le nom d’Alimentation Générale. Nous avons trouvé des interlocuteurs très engagés et mesurés, qui parlent de démocratie tout court. Prise entre son désir de partager une expérience et sa méfiance des médias, qui fabriquent de l’événement à ses dépens, l’équipe municipale, à qui on a pu reprocher de trop bien faire sa « com’ », se sent mal à l’aise.

Nous avons choisi, à l’issue de ses discussions, de privilégier deux approches différentes. D’une part, avec Sabine Girard, nous avons évoqué précisément la façon dont s’organise la révision du plan local d’urbanisme (PLU) depuis janvier 2016. Le PLU est un document qui engage les façons d’habiter le territoire. Sa révision est un moment privilégié où se croisent les intérêts particuliers et l’intérêt général. L’exemple montre comment, à l’intérieur d’une structure règlementaire établie, les Saillansons modifient la pratique démocratique. D’autre part, du témoignage de Jean-Christophe Faure, nous avons tiré ces méditations saillansonnes.

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