Vacarme 20 / chantier élections : détours de scrutin
Paris, 1er mai 2002. La foule s’écoule comme un trop-plein dans les rues qui rayonnent depuis la place de la République. Irréductible à l’itinéraire prévu, la manifestation s’en taille trois, à mesure qu’elle avance, pour pouvoir avancer. Les organisations peinent à maintenir leur cortège. Lorsque les premiers manifestants s’arrêtent, d’autres commencent à marcher. Image parfaite du mouvement : nombreux, autonome, durable, finalement victorieux.
À moins que ça ne soit l’inverse. C’est le même « peuple de gauche », après tout, qui subit coup sur coup deux défaites électorales, l’une avant, l’autre malgré le 1er mai. Le « sursaut civique » de l’entre-deux tours, à cet égard, offrirait plutôt l’image d’une faillite consommée : produit par la culpabilité, stérile politiquement.
Entre l’optimisme et l’amertume, le texte qui suit choisit clairement son camp : y croire, malgré tout, même si rien ne garantit cet espoir. Mais pas en opposant la joie du pavé à la tristesse des urnes. Nous faisons le pari, au contraire, que quelque chose s’est ouvert entre la rue et les urnes, qui a fait trembler la répartition traditionnelle des tâches politiques. Une brêche dans l’ordre des choses ?
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