Vacarme 12 / chroniques

Ka, Djed, Djed II

par

pour Fat, Sa, Ja, Ma

(Ka)

Égypte, Hikuptah : le palais du ka de Ptah.

Momie tête rasée, Ptah. Thot est sa langue : r gr.(w) n mdw.n=f

Hathor, Mout, elle vient étant grande, Iousaâs, un scarabée sur la tête. L’autre, Seshat, sa tête, nul n’en sait le secret. Kefthernébès face à son seigneur dans la nécropole de Thèbes qui a existé avant tout autre lieu. Colonnes palmi, papyri, lotiformes.

Cobra, taureau dans les étoiles, hippopotame gras à la poitrine humaine, Ti le chasse au harpon .

Celui-là l’aimait tellement, qu’elle est là entre ses jambes. Selkis, scorpion sur la tête, elle soulève la gorge. Comment pourrait-elle le quitter ? Mais il chasse dans les fourrés de papyrus.

Amoini, viens, viens à moi.

Protections et présentations. Horus enlace de ses ailes le roi Chephren. Hathor, le roi Aménophis II lui tête un pis, Hatchepsout un autre. On la fait monter dans sa barque et elle descend le fleuve jusqu’à Denderah.

Toi, tu m’as laissée assise aux rives de l’ivresse comme dit le désespéré à son âme, et la mort est venue comme l’arôme de la fleur de lotus.

(Djed)

Prête-moi tes lèvres pour que je parle par elles.

On fait monter Hathor dans sa barque et elle descend le fleuve jusqu’à Denderah

Elle s’y arrête en son grand siège d’or

Que cela soit éternel à jamais

Vis la vie car tu ne meurs pas la mort

Vis plus que ne vivent les étoiles

Vis du faucon vivant qui vit dans Héliopolis qui ouvre le ciel liquide

Vis de l’arbre des fruits doux

Vis du pain et de la bière du pain du matin venu à son temps

Vis du grand flot et des dattes

Vis comme un scarabée vivant

Avale les herbes vertes avale ce qu’avalent les dieux

Tes os sont en métal céleste tes membres en or

Ton visage est celui d’un chacal

Éternel

Ta queue est celle d’un lion

Éternelle

Ton milieu un serpent

Éternel

Ta colonne un arc

Éternelle

Tes plantes de pied les deux barques de Maât

C’est le fils de ton corps pour l’éternité

Tu montes régulièrement dans l’orient tu descends régulièrement à l’occident

Tu es le plus grand le taureau des taureaux

Juste de voix est ton nom la voix sort pour toi chaque jour

Suis ton coeur tout le temps de ta vie

Ne raccourcis pas le temps de suivre le coeur

Maât est éternelle

Tu jubiles de Maât tu dures par Maât

Sois durable plus durable que les dieux durables

Apparais à l’aube avec la barque du jour plonge dans l’obscurité avec la barque de nuit

Dure taureau dure grâce au secret

Ta semence jaillit en elle si précise

Tu as vu l’uraeus vivant dans la barque du soir et dans la barque du matin

Tu as bu sa rosée

Tu as rajeuni dans ton nom d’eau fraîche

Puisses-tu être ba étant ba dans la forme d’oiseau-ba

Tu es le bandeau rouge tissé de l’oeil d’Horus le lointain gardien de la Haute Égypte

Tu as été donné à ta mère en son nom de sarcophage elle t’a embrassé en son nom de tombe

Douanoutef vénère sa mère

Elle te tient la main pour la vie

Qu’elle te soulève en ton nom de grand soulevé

Grand issu du front de Thot

Grand d’éveil et grand de sommeil

Tu es la pyramide

Tu es gravé comme le Lourd-de-puissance t’a gravé

Que cela soit éternel à jamais

(Djed II)

Il est le disque solaire de Ba-neb-Ded

Elle est ceinte étroitement à la chute des reins

Il connaît le nom de son âme, âme qui copule, Ka pénétration

Elle est en gloire à sa proue

Il est beau de visage avec deux grandes plumes

Elle est l’Incandescente fille de l’Incandescent

Il est Iâh et a avalé les ténèbres ô l’Encorné

Elle vit comme celui qui pense que son coeur ne lui sera pas enlevé

Il a mordu l’oeil d’Horus tandis que son ennéade était à Pe-Dep

Elle a grimpé sur le Lumineux et posé sa croupe sur la tête de l’Occidental

Il retire son vêtement oumet quand il s’étend sur le lit

Elle le vénère et demande sa protection

Il connaît la formule pour ouvrir sa bouche

Elle baise le vent d’Est

Il se soulève sur son côté droit et se redresse sur son côté gauche

Elle mange en tant que Chou et avale en tant que Chou

Il est hier, la nuit d’érection des piliers-djed

Elle a été grosse de lui à Busiris avec les gémissantes d’Idehouy-Rekhty

Il a composé le nom de ses membres, le Grand-Noir est son nom

Elle a le nombril comme une fleur-bebet

Il n’a rien transgressé ô l’originaire du Fayoum

Elle est venue pour être annoncée à l’interprète du double pays

Il a fait parler les écrits lui dont les paroles ont organisé les deux rives

Elle a donné le nom de broche d’Hathor à sa jambe gauche

Il est le maître du phallus constant à se lever

Elle a emmailloté ceux dont le coeur ne bat plus dans l’oasis du Sud

Il copule grâce à l’âme de Rê, l’écume aux lèvres de Baba

Elle est la grande baleine brûlante comme disent les Noirs de Nubie

Il ne sépare pas son coeur de sa langue

Elle a dit au dieu « amène-le » au jour de l’événement

Ton nom est dans ma bouche et je vais le dire

IRI-INQ-HIM est ton nom

Quand tu es indemne je suis indemne

Ton étendue est mon étendue

Ta région mystérieuse est ma région mystérieuse

Tout ce dont tu as l’idée, je te dis "vois c’est déjà fait"

Tu entres favorisé , tu sors aimé

La myrrhe, nous l’avons libérée ensemble

Maa-em-gereh-inemef-em-herou

Ont été pillés : Assmann, Derrida, Hornung, Jacq, Golvin, Gros de Beler, Woldering, Les textes des Pyramides, Le livre des morts des Anciens Égyptiens.

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Publiée dans Vacarme 12, , pp. 104-105.