Vacarme 06 / pornographie

cultures du corps entretien avec Britt Nini

Au début des années quatre-vingts, Britt Nini a voulu faire une thèse sur le cinéma pornographique. Comme c’était à la Sorbonne, son directeur de thèse lui a conseillé d’en adoucir un peu l’intitulé. Il s’agira des femmes, de leurs corps et de son dévoilement. Par la bande, il s’agira aussi de l’émergence de la pornographie au cinéma. Sorbonne ou pas, Britt Nini aime la pornographie. Chargée de cours de cinéma à Bordeaux, critique à l’occasion (Libération, Art-Press,ou le défunt Ciné-Télé-Vidéoet nombre de revues interdites), co-scénariste à ses heures (Skorecki, Enard), libraire de cinéma à La Rochelle ou à Lyon, elle parle ici de son cinéma.

Préliminaire

Britt Nini : Quand j’étais petite, ma mère me mettait à garder dans un cinéma. Je rentrais de l’école, j’allais m’asseoir dans une salle, à n’importe quel moment du film. Je ne comprenais pas vraiment, mais ça n’avait pas d’importance. J’étais en revanche très intriguée par les scènes d’amour : qu’est-ce qui se passe après le baiser ? Pourquoi ce noir ? Pourquoi la fiction reprend-elle à un autre niveau ?

Chorégraphie

La pornographie a partie liée à la chorégraphie. Un film porno est une sorte de comédie musicale en direct, avec ses figures imposées et son rythme particulier. C’était très clair dans les premiers films pornos qu’il m’ait été donné de voir. C’était à Marseille, en 1973. On insérait des séquences pornographiques à l’intérieur de films qui ne l’étaient pas. Comme dans la comédie musicale, la fiction était soudain rompue, on assistait à un épisode pornographique, puis la fiction reprenait. Exactement comme dans un Fred Astaire. Il est là, sur son sofa. Et tout d’un coup, il se met à faire des claquettes.

VACARME : Qui avait pris l’initiative de ces « séquences additionnelles » ?

En fait, c’est la distribution qui est, officiellement, à l’origine de la pornographie. Il ne s’agit ni d’un phénomène d’exploitation, ni d’un fait de production, ce qui est assez inédit. En France, dans le marché « normal » des films, quelque chose d’hétérogène apparaît : des séquences de cul qui viennent saucissonner le film. Ce sont des séquences en 16mm gonflé, alors que le reste du film est en 35mm. En général, c’est une série B ou une série Z. Les distributeurs ont acheté ces séquences, l’année précédente, au marché du film de Cannes. Ils les ont insérées dans les films nuls, ou au moins très mineurs. Ces séquences n’étaient naturellement pas filmées par le réalisateur. C’était une interruption de programme. Vous savez, il s’agissait d’abord de faire fonctionner des films qui ne marchaient pas très bien. À l’époque, on m’avait signalé qu’un film de série Z avait un succès fou à Marseille. Je l’avais déjà vu, il était nullissime. J’y suis allé. J’ai rencontré un vieux distributeur un peu ripou. Sur la Canebière, au cinéma Le Raimu, il y avait une queue incroyable de spectateurs, maghrébins pour la plupart — uniquement des hommes. Au milieu du film, un polar anodin, vaguement érotique, avec une légère dimension saphique, tout d’un coup, on voit des gros plans de sexes en action. Ça faisait toucher les fils dans la tête. Et les gens venaient voir cette séquence.

Archéologie

Il s’agirait de la première manifestation officielle de la pornographie en France ?

Oui. Il y a toujours eu des productions clandestines. Ce qui est était nouveau à Marseille, c’est que le grand public y avait accès. L’exploitation de ces films a duré des mois, avec un succès étonnant. La police ne s’en est pas vraiment mêlé, parce que c’était Marseille. L’année suivante, des films saucissonnés sont apparus à Paris.

Pouvez-vous en dire davantage sur la production clandestine ?

Au début du siècle, le cinéma a montré des films de caractère homosexuel pédophile. Des choses très interdites aujourd’hui. Cela s’appelait cinéma « coquin et de caractère piquant ». La censure existait au niveau de l’exploitation. Les arrière-salles de café mettaient un panneau devant la porte qui disait « Pour Messieurs seulement ». C’était le mercredi après-midi, et cela se passait dans les galeries couvertes de Paris. Mais cela a été interdit très vite. Il y a eu des descentes de police. On a jeté dans la Seine des bobines entières de films ahurissants.

Il y avait aussi toute la tradition du film clandestin dans les bordels. Cela a continué jusqu’à la guerre. Dans les maisons closes, on faisait attendre les messieurs en leur montrant des films où l’on voyait les dames dans leur spécialité. L’une d’entre elles apparaissait avec un petit fouet à la main, une autre avec un autre attribut. Ensuite on pouvait rencontrer les dames.

Certains de ces films ont été conservés par le comédien Michel Simon. C’était un érotomane forcené, très sadien. On ne l’interviewait jamais, parce que toutes les conversations déviaient systématiquement sur le cul. Dans un film de sa collection, il n’y avait que des femmes enceintes — mais alors très enceintes. Aujourd’hui, ce serait inadmissible.

Bavarois typiques et autres Italiens

Comment passe-t-on de ces films clandestins à la cinématographie officielle saucissonnée ?

À la fin des années 50, dans le secteur de la distribution, il y a une régression du cinéma américain au profit du cinéma d’Europe. Parallèlement, dans la société, il y a un désir de libération du corps — on ne peut pas rester le cul cousu pendant tout le XXe siècle, alors que le cinéma est apparu. Un réajustement s’impose. Le cinéma va régler la question de la libération du corps sur une vingtaine d’années. À la fin des années 50, on commence par importer des films étrangers. Mais on ne peut pas avoir les comportements des Nordiques, des Italiens, des Anglais, des Hongrois, des Slaves. D’autant qu’on a une identité nationale très lourde à porter : on est la fille aînée de l’Église et le pays de l’amour — c’est une horreur. Dans les circuits de distribution, on accueille des films du Nord, qu’on appellera les films « naturistes », et qui véhi-culent une philosophie du nudisme. Ce sont les premières femmes nues qu’on voit marcher, cadrées en pied, dans des camps de nudisme.

Après le naturisme, il y a le « sexy-musical » italien. On y fait appel à des reines du strip-tease, qui existent hors champ, comme Rita Renoir, Lady Chinchilla, des femmes extraordinaires, des stars dans leur milieu. Les Italiens filment ces strip-teaseuses, comme étant les reines de la nuit. Ce sont des films reportages, qui montrent un temple Hindou, Hongkong, Rome ou Bangkok by night. Et ces nuits sont encanaillées dans une vision de strip-tease. On ne voit pas de consommation sexuelle, mais elle est très proche. Le spectateur est sollicité comme partenaire possible. À un moment donné, le spectateur figurera dans l’image : ce sera l’acteur de film. Pourtant, à l’époque, il est encore trop tôt pour montrer des hommes. C’est dans la foulée de la libération des femmes que les hommes vont arriver. Mais aussi dans la foulée de la libération des gays, avec le développement très important d’un porno homosexuel. Mais c’est à vous de faire cette histoire...

Il y a eu les Nordiques, les Italiens. Rien du côté de l’Allemagne ?

Au contraire. Les Allemands, qui sont une avant-garde morale très forte, introduisent en France ce qu’on a appelé « les films des docteurs allemands ». Au début, c’étaient des films faits par des docteurs, produits par la méde-cine. On y voyait des jeunes filles venir chez un gynécologue. Il s’agissait de dispenser une éducation sexuelle massive au peuple. C’était accompagné d’une campagne de presse. En réalité, on s’adresse à la nouvelle génération d’après la guerre qu’on veut débarrasser des germes du nazisme. Cette série de films s’appelle « Plaisirs, Dangers et Techniques de la sexualité moderne ». Ce sont des films très populaires, qui ne figurent dans aucune statistique de cinéma. Évidemment, en France, il y a un détournement, un rapt : on va les voir à des fins pornographiques.

Très vite, pourtant, les films des docteurs allemands ont dégénéré en films bavarois typiques. Toutes ces cinématographies étrangères ont une identité nationale propre. À un moment donné, les Bavarois typiques sont des dégénérescences de l’expression du plaisir allemand. Et la Bavière joue, par rapport à l’Alle-magne, comme un paradis — comme pour nous la Côte d’Azur. On va donc voir, dans les Bavarois typiques, des blondes à grosses tresses, qui s’ébattent joyeusement avec des hommes en short de cuir tyrolien, dans la paille, en buvant de la bière. Cela nous plaît, parce que la fille est belle, le type se débrouille bien. Mais c’est un exotisme sexuel ; c’est presque du tourisme sexuel avant la lettre. Il va donc falloir s’aménager quelque chose qui sera de l’ordre de l’identité nationale, quelque chose de non hérétique, d’officiel en quelque sorte, dans notre propre cinéma.Il s’agit donc de nous fabriquer un rapport sexuel possible en France au XXe siècle.

En France, dans quelles salles ces films sont-ils distribués ?

Dans les cinémas de quartiers. Faute de succès, ils vont se spécialiser sur vingt ans, jusqu’à devenir le ghetto X. On passe ainsi du film Z au naturisme, au sexy musical ou au docteur allemand, puis au film saucissonné, avant que n’émerge une production française. C’est-à-dire assez tardivement, vers 1974-1975. À l’époque, on ne disait pas le porno, mais laporno.

Cinéphilie pornographique

Qu’est-ce qu’un film pornographique ?

Autrefois, on disposait de définitions très précises : était pornographique toute scène où le corps était pénétré par quoi que ce soit. Le critère était donc exclusivement technique. Cela a changé à partir de 1978, avec la montée de ce qu’on a appelé la « nouvelle chasteté », un mouvement puritain, venu des États-Unis, qui augure le retour du mariage, des religions etc., et qui va aboutir aux lois de censure de 1992. Dès les années 80, on s’est mis à classer X des films qui ne montraient aucune scène de pénétration, mais dont l’état d’esprit était jugé pornographique.

Peut-on parler d’un genre cinématographique ?

Aujourd’hui, on le pense. C’est vrai que cela fonctionne comme un genre. En même temps, non. À l’intérieur du tissu culturel, il y a une profonde déchirure entre l’expression de la pornographie et le reste. Mais ce n’est pas plus mal comme ça. Parce qu’à l’intérieur de ce ghetto, il y a de quoi travailler.

Qu’est-ce qu’un bon film porno ?

Ils sont tous biens. Il n’y a pas de critère. Henri Langlois disait que tous les films étaient égaux. Mais les films porno le sont plus encore. Tout dépend en fait du désir individuel, c’est-à-dire aussi de la disposition dans laquelle on voit un film. La réception d’un film n’est pas tout à fait la même si on est seul, à deux ou à plusieurs. Cela devrait d’ailleurs nous informer sur la façon dont on voit les autres films. Mais il y a une interactivité de base dans les films pornos. D’ailleurs, ils font fonctionner des circuits physiologiques, plus forts que n’importe quel autre film. Ils captivent et ils capturent. C’est très largement aidé par la théâtralité : l’unité d’action, de temps, de lieu. Bref, voir un film porno, c’est aussi fonctionner. À un moment donné, un film porno vous apprend quelque chose sur vous-même, sur votre propre fonctionnement.

Cependant, y a-t-il de grands cinéastes ?

Il faut surtout parler de films cultes : The Devil in Mrs Jones.Ou Derrière la porte verte, que j’aimais bien : Marylin Chambers y était très belle ; elle officiait dans un gymnase, un dispositif d’agrès pendus au plafond très sophistiqué. Quand aux cinéastes, José Bénazéraf a eu son heure de gloire, mais son univers est plutôt érotique, très saphique. John Love est très sympathiquement têtu dans ses obsessions. Je pense aussi à l’Espagnol Jesus Franco Manera, qui a signé des films sous de multiples pseudonymes. Il faisait un cinéma très sadien, où tout le monde était malmené. On sentait que les acteurs souffraient en même temps qu’ils prenaient du plaisir, qu’ils étaient pleinement impliqués.

Justement, est-ce un critère distinctif de l’acteur pornographique ?

Quand on joue la jouissance, cela se voit. Cette implication n’existe que dans le porno. Même à l’Actor Studio, qui essaie de faire rentrer l’acteur dans son rôle, au point d’en baver, on est très loin de cette mise en acte corporelle des acteurs. À ce titre, Pasolini, qui implique personnellement, physiquement, dans son affaire, est formidable. De ce point de vue, il est assez proche de la démarche pornographique.

Je me souviens, aux premiers films pornos, j’étais très émue quand je voyais un bouton — c’était tourné en 16mm. C’étaient des gros plans de femmes qui n’étaient pas actrices. Des prostituées, en gros plans, qui se faisaient payer pour être filmées pour une séquence. On ne voyait pas leur tête, elles étaient inidentifiables. Dans cette clandestinité apparaissaient soudain un petit bouton, une tache de vin : un effet de réalité, de singularité. On a affaire à une personne.

Observez-vous une évolution dans le recrutement des acteurs ?

Les hommes sont encore aujourd’hui, dans la pornographie hétérosexuelle, relativement interchangeables, au contraire des femmes, qui sont recrutées en raison de leur singularité. Il y a néanmoins, parmi elles, des points communs, qui sont des points d’époque : aujourd’hui, on a affaire à des techniciennes. On a l’impression qu’elles sont au travail. Dans ce qu’elles font, tout est requis pour l’œil, pour la réception. Tout est violemment éclairé, chirurgical. Ce qui compte, c’est de voir ce qui se passe. Les femmes sont écartelées, parce qu’il faut que la lumière passe. L’anus et le vagin sont éclairés pareillement, et sont pénétrés pareillement. Ce qui compte vraiment, c’est l’action et sa technicité. Je ne le regrette pas. C’est une évolution normale. La mise en scène du corps a changé. Et la pornographie est symptomatique : elle intègre cette mise en scène du corps. C’est, du reste, une des raisons pour lesquelles on continue à louer des cassettes : pour voir des pratiques et des corps nouveaux.

Pour apprendre des pratiques nouvelles ?

Vous savez, beaucoup de prostituées utilisent la vidéo pour « mettre en jambes » leurs clients. La pornographie est une propédeutique sexuelle, mais elle dispense aussi une pédagogie du corps et de ses techniques. Cela dit, le cinéma dans son ensemble est pédagogique. Quand on tombe amoureux de quelqu’un, on a des références, un film mental, des images apprises au cinéma. Mais le cinéma donne une pédagogie sage, pour le flirt. Il apprend à se marier. La pornographie met plusieurs personnes à la fois. Et elle apprend des choses techniques. Mais officielles. Car c’est une sexualité officielle qui nous est montrée. On a toutes les positions autorisées par la loi.

Cette question de la loi permet-elle de distinguer entre érotisme et pornographie ?

Certainement. Dans l’érotisme, l’interdit est au centre de la dramaturgie ; dans la
pornographie, il est autour. Il définit ce qui est autorisé dans l’enceinte du ghetto X. Ce sont des barrières placées autour de figures académiques admises. En ce sens, la pornographie est plus sympathique que l’érotisme. Dans la pornographie, il y a toujours une tentative d’y voir clair par rapport à la sexualité : on éclaire les gens, les personnes, l’action, pour faire la preuve juridique que cela existe en effet.

Est-ce aussi une tentative de contrôle ?

Bien sûr, mais il y a toujours la matière qui est là, qui résiste, et qui est sympathique en ce qu’elle est profondément laïque. On veut bien partager la faute collective, originelle, mais dans le plaisir. Au contraire de l’érotisme, qui est toujours lié à l’interdit religieux, et à son mystère. Au moins, le fameux « mystère de la jouissance féminine » saute avec la pornographie.

Des femmes, de la pornographie, de l’obscénité

Tout de même, la pornographie s’adresse principalement aux hommes.

J’ai été une des rares femmes à défendre la pornographie ; d’ailleurs, j’ai fait long feu au MLF et à Psychepo. Je voyais en effet, et malgré tout, dans la pornographie, un signe et une possibilité de libération de la femme et des corps. Avec la pornographie, on accède à une matière différente : il y a une joyeuseté, quelque chose de bon enfant, qui fait que la femme est d’accord. Mais cela concerne aussi la question du regard. L’érotisme, c’est un regard d’homme sur deux femmes ensemble. La pornographie, c’est le regard de quelqu’un qui n’est pas là sur deux personnes ensemble. Mais ce quelqu’un qui n’est pas là, ce peut être aussi une femme.

Par ailleurs, je trouve plus moches beaucoup de films non pornographiques. Voyez les films des nouveaux indépendants américains, ou encore le cinéma à effets spéciaux. Le rôle des femmes y est réduit au maximum. Mais on y voit des corps. Et même l’intérieur des corps : la chair, les entrailles, la cervelle qui gicle. Surtout : du sang — ce qu’on appelait au moyen-âge les « humeurs ». Les humeurs qui viennent du sexe, du désir, ne sont pas montrées. Ce qui sort du corps, c’est le sang, pas le sperme. Cela me rappelle un petit film en 16 mm que j’avais fait, avec une amie, dans les années du MLF : on y opposait le sang des hommes — le sang « pur » des révolutionnaires, au sang impur des règles.

À propos de sang, on parle parfois des « snuff movies », des films pornographiques clandestins qui poussent le principe de réalité du dispositif pornographique jusqu’à la torture ou le viol en direct. Pour autant, est-ce encore de la pornographie, si l’on considère avec vous qu’elle est bon-enfant, que le plaisir y est partagé ? Est-ce une limite de la pornographie, ou une limite de la définition que vous en donnez ?

C’est compliqué. Il s’agirait plutôt d’obscénité : on est en dehors de toute scène. Ces choses sont venues d’Amérique latine. Des enquêtes ont montré que c’était souvent d’anciens nazis qui commanditaient des meurtres pour leur plaisir. Ces films ne disent pas autre chose que l’expérience intérieure du sexe liée à la mort éventuelle a été vécue par certaines personnes. Plus rien d’autre ne peut les faire désirer que ces expériences intérieures menées à leur terme en images. Ces circuits nous sont étrangers. Pour eux, c’est effectivement de la pornographie ; pour nous, cela n’en est plus, parce que nous ne pouvons pas la voir ni la consommer comme telle : c’est du crime.

Catégories

Comment choisit-on un film pornographique plutôt qu’un autre ?

Dans les vidéoclubs, les amateurs choisissent les nouveautés, parce qu’ils ont déjà tout vu. Pour le reste, il y a des catégories : les femmes expertes, entre 40 et 50 ans, qu’on appelle les « mamies » ; les « Angéliques », des oies blanches perverses ; les « home movies », qui relèvent davantage du reality show ; les « gang bang » — une prostituée dans une maison d’abattage qui voit défiler vingt mecs, à l’inverse de la production courante, où c’est plutôt deux ou trois hommes et autant de filles que possible ; et les diverses collections.

Le marché de la vidéo a-t-il changé fondamentalement la pornographie ?

Il l’a surtout rendue plus accessible. Sa première caractéristique est que c’est un marché gigantesque. Quand on vous dit, en France, que les gens adorent Spielberg, on oublie qu’en réalité, certains films pornos ont beaucoup plus de spectateurs, beaucoup plus d’aficionados. Il y a la culture officielle ; mais en soubassement, il y a une autre culture, qui est une autre culture de la sexualité. Je pense souvent que tout le monde devrait voir des films pornos. Mais c’est inutile : tout le monde en voit.