Vacarme 14 / processus processus

« ce poids d’ici-bas »

entretien avec Claire Denis

entretien réalisé par Jean-Philippe Renouard & Lise Wajeman

Il y a quelque temps, Jean-Luc Nancy a fait parvenir à Vacarme un texte, « L’areligion », inspiré par Beau Travail, film réalisé par Claire Denis l’an dernier. À l’heure où Trouble Every Day, nouvel objet cinématographique non identifié — énigmatique histoire de complot gouvernemental et d’individus porteurs de mystérieux virus avec Béatrice Dalle et Vincent Gallo — sera prochainement sur les écrans, il nous a semblé utile de revenir sur Beau Travail et l’oeuvre indispensable de Claire Denis.

Film sur la Légion étrangère réalisé par une femme ; commande initiée par Pierre Chevalier, responsable des fictions d’Arte ; adaptation très libre de la longue nouvelle d’Herman Melville, Billy Budd, marin que l’écrivain conçut à la toute fin de sa vie ; cherchant également son inspiration du côté de l’opéra éponyme de Benjamin Britten sur un livret de E.M. Forster, représenté pour la première fois en 1951, Beau Travail est également le fruit de la collaboration de Claire Denis avec le dramaturge et scénariste Jean-Pol Fargeau et le chorégraphe Bernardo Montet. Comment ces différentes sources d’inspiration pouvaient-elles se mêler à une oeuvre personnelle ? L’entretien qui suit a eu pour objectif d’envisager avec la cinéaste les processus par lesquels se fabrique matériellement et intellectuellement un film.

Ancienne assistante de Jacques Rivette, Jim Jarmush ou Wim Wenders, Claire Denis, de Chocolat, son premier film autobiographique, aux longs métrages atypiques que sont S’en fout la mort, J’ai pas sommeil ou Nénette et Boni, crée une oeuvre unique et précieuse. Une cinéaste qui ne dédaigne pas la télévision (Beau travail mais aussi US Go Home pour la collection « Tous les garçons et les filles ») ; qui cherche du côté du documentaire (Man no run, documentaire musical, où Jacques Rivette, le veilleur, dialogue entre le cinéaste et Serge Daney) ; qui n’hésite pas enfin à s’engager en politique (Amnesty International, le mouvement des sans-papiers en 1996).

Dans les bureaux d’Arena Films où Claire Denis nous reçoit, nous remarquons d’abord son maintien fatigué. Jean et débardeur noir, tatouage, air vaguement rock’n roll. Au fur et à mesure de l’entretien, son visage s’éclaire, magnifique. Elle nous parle de façon réellement cinématographique, dessinant le contour de paysages qui deviennent autant de films possibles.

[…]

L'intégralité de cet article est disponible dans le numéro actuellement en vente en librairies ou sur commande.

publié dans Vacarme 14 hiver 2001

Vacarme 14
» consulter le sommaire
» commander

processus processus / sommaire

dossier autour de Claire Denis / sommaire

thèmes

actuellement en librairies

Vacarme 45
» consulter le sommaire
» s'abonner
» commander
» acheter en librairie