Vacarme 10 / chantier prisons : au pied des murs
C‘est presque un truisme : les pauvres forment l’immense majorité de la population carcérale. Pour des raisons « macro », certes : du côté des gens, une exposition à l’illégalité accrue par le manque d’argent ; et du côté de l’État, une tendance patente — massive aux États-Unis, en expansion en Europe — au traitement carcéral de la pauvreté. Mais ce qu’on voit moins, c’est le détail. L’enchaînement, très trivial, très mécanique et très réel, des décisions pénales, des conditions de détention — notamment le travail carcéral — et du parcours de sortie. La superposition, presque parfaite des catégories professionnelles de la police, de la justice et des administrations du welfare. La clef de l’incarcération massive des pauvres, c’est peut-être moins, à ce titre, le fardeau de la misère que l’ordinaire de l’insertion.
[…]
L'intégralité de cet article est disponible dans le numéro actuellement en vente en librairies ou sur commande.
Éric Ducoing est membre d’Agir ensemble contre le Chômage (AC !).