petit lexique à l’usage des Zakeurs

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« ZAC ! POS ! PAZ ! OPAH ! ». Non, ce ne sont pas des onomatopées tirées d’une BD de Gaston Lagaffe, ni une imitation de Michel Rocard par les Guignols, mais les procédures d’urbanisme les plus utilisées pour modeler et remodeler les villes où nous vivons.

Le POS (Plan d’occupation des sols) est le principal instrument de planification : les communes fixent grâce à lui l’affectation du sol et la densité des constructions. Par exemple, c’est le POS qui définit les zones où toute construction est interdite.

La ZAC (Zone d’aménagement concertée) représente le procédé le plus répandu de réalisation d’opérations d’urbanisme. Sa création en 1967 marque le déclin d’un urbanisme d’État dont l’outil principal était une autre onomatopée barbare actuellement tombée en désuétude : la ZUP (Zone à urbaniser en priorité). Les anciennes ZUP sont faciles à reconnaître, il s’agit de ces grands ensembles en béton, dénués d’équipements, où les médias vont régulièrement rechercher des échantillons de « violence urbaine ». La ZAC a été conçue pour prendre le contre-pied de la ZUP. Les collectivités doivent en effet y assurer la présence d’activités et d’équipements publics. De plus, comme son nom l’indique, elle se veut une démarche moins centralisée et plus « concertée ». En principe, la concertation concerne à la fois les communes, les constructeurs, les propriétaires et ... les habitants. Dans les faits, la concertation se ramène surtout à un cofinancement public-privé, pouvoirs publics-promoteurs.

En résumé, il s’agit d’une opération publique où les collectivités passent des contrats (mandat, cession, convention, ...) avec des partenaires le plus souvent privés, pour la construction de logements ou de bureaux. Dans les grandes villes, les ZAC sont généralement des opérations de « rénovation urbaine ». La rénovation, comme son nom ne l’indique pas, est une action de transformation en profondeur de la ville, qui se manifeste notamment par des murages et l’apparition toujours effrayante des bulldozers. Elle s’oppose à la réhabilitation, telle qu’elle s’applique dans les OPAH (voir fiche technique), où le bâti est conservé et remis en état. La procédure de la ZAC, qui a fait l’objet d’engouements dans les années 1980, a progressivement été mise à mal par le retournement de la tendance immobilière.

Reste à définir le PAZ qui a le pouvoir extraordinaire de se substituer au POS. Les ZAC sont en général dotées d’un Plan d’aménagement de zone qui fixe le cadre de la négociation avec les futurs constructeurs et définit les règles de construction (densité, hauteur, implantation...). À consulter pour savoir à quoi ressemblera le futur quartier de la ZAC.

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Publiée dans Vacarme 02, , page 29.