Vacarme 12 / arsenal

sida : où sont les femmes ?

Les participants à la marche des femmes du 15 janvier dernier ont vu circuler un tract intitulé : Nous sommes vivantes et belles. Distribué par la commission Femmes d’Act Up-Paris, il exprimait l’urgente nécessité pour les femmes séropositives de se montrer et de prendre la parole. À la suite de cette manifestation, les filles d’Act Up décidèrent d’inviter des groupes féministes, des associations de lutte contre le sida et toutes les femmes qui le désiraient à une assemblée générale publique sur le thème : femmes et sida. Il s’agissait de rassembler les femmes séropositives, d’interpeller les féministes qui avaient oublié le sida et peut-être de profiter des expériences acquises dans la lutte contre le sida pour essayer de penser le féminisme. Voici le texte d’appel à cette réunion, ainsi qu’un compte-rendu partiel de l’AG des femmes.

Les femmes séropositives ont toujours eu à souffrir d’un manque d’intérêt de la part des pouvoirs publics, de la recherche médicale, et de ce qu’on pourrait appeler les milieux féministes. Pourtant, le nombre des femmes contaminées par le virus du sida continue d’augmenter chaque année, en France comme partout ailleurs. Et la honte et le rejet sont loin d’avoir disparu, pour les femmes contaminées. La plupart vivent encore le sida dans le secret. Beaucoup d’autres ne sont pas dépistées, à cause du silence et de la peur qui entourent toujours la maladie.

Aujourd’hui les médias et les autorités, notamment, commencent à se mobiliser - le plus souvent sur un mode embarrassé, ou avec de louables intentions « féministes ». Mais pour nous, femmes d’Act Up, séropositives ou séronégatives, engagées dans la lutte contre le sida, la plupart des questions sont mal posées.

Ni coupables, ni victimes

On a dit un temps les femmes séropositives « coupables » de sexualité aventureuse, on les dit le plus souvent aujourd’hui « victimes » - victimes de la sexualité des hommes, de partenaires inconscients.

Coupable/victime, le couple est classique et bien connu des pédés et des toxicos séropos. On y enferme ceux que l’on ne veut pas vraiment entendre. Il a pour effet d’accentuer les discriminations, plutôt que d’aider à trouver les moyens de lutter contre elles. Comme il a pour effet d’occulter, plutôt que de traiter, les problèmes réels : les difficultés d’accès aux soins, les problèmes posés par les effets secondaires des traitements ou le manque de ressources et d’autonomie dont souffre une part importante des femmes. On accable les femmes séropos de discours de compassion, on s’afflige de voir leur féminité « blessée » par la maladie, mais l’apitoiement n’a jamais permis de combattre le sentiment de honte, ni de remédier aux problèmes concrets auxquels on se trouve exposé. Ces représentations doivent changer. La honte doit être convertie en fierté - en fierté d’être ce qu’on est, de se battre contre la maladie, et d’affirmer son désir de vivre et d’être heureuse. Les femmes séropos ne sont ni coupables, ni victimes. Ce sont simplement des femmes contaminées. Qui doivent pouvoir user des droits qui sont les leurs : celui de vivre, de travailler, de séduire, d’être aimées, d’avoir une sexualité libre et heureuse, sans être obligées pour cela de taire leur statut sérologique.

Femmes sans sexualité, hommes irresponsables

En matière de prévention, on parle de doter les femmes de moyens de protection qui soient les leurs, et on présente le plus souvent les virucides et les préservatifs féminins comme des moyens d’« auto-défense sexuelle », contre la dangereuse sexualité des hommes. La prévention n’est pourtant pas une défense contre la sexualité des hommes, c’est une défense contre le sida. Et il nous semble que nos amis pédés, comme nos amants et nos amantes, auraient autant de bénéfices que nous à voir se développer une gamme de préservatifs variée, ou des virucides efficaces. Les discours de prévention restent prisonniers des vieilles dichotomies : femmes sans sexualité / hommes irresponsables ; femmes sans désir / hommes incapables de le contrôler. Autant dire qu’aujourd’hui encore la vie sexuelle des femmes a difficilement droit de cité. Et que les campagnes de prévention, en ne s’intéressant ni aux pratiques sexuelles des femmes, ni à leurs désirs, ou en caricaturant les comportements, loupent d’avance leur cible.

Capote contre pilule ?

On oppose aujourd’hui encore campagnes de prévention sida et campagnes sur la contraception. Comme si les cibles en étaient différentes. L’une sans l’autre sont pourtant vaines et inefficaces ; l’une sans l’autre se combattent et s’anéantissent. On s’effraie aujourd’hui du nombre des grossesses chez les adolescentes : combien d’adolescentes sont contaminées par le sida, pour être passées à côté de campagnes maladroites et inefficaces ? C’est qu’on n’a jamais voulu penser la sexualité des femmes de manière globale : comme une sexualité pouvant alterner relations durables et occasionnelles, ayant à gérer risques de contamination et risques ou désir de grossesse. La prévention en direction des pédés a tardé parce qu’il ne fallait pas parler de leurs pratiques honteuses. La prévention en direction des femmes ne parle pas de pratiques sexuelles, parce qu’on considère qu’elles n’en n’ont pas - que seul « l’amour » les intéresse. Il n’y aura ni prévention efficace, ni autonomisation des femmes sans levée des tabous sur notre sexualité. Il faut nous battre pour plus de visibilité de nos pratiques et de nos désirs.

Comme dans d’autres domaines, le sida révèle les failles de la société, et signale les résistances aux avancées sociales. De toute évidence, le sida menace de régression la condition des femmes. C’est à cette question qu’il nous faut réfléchir, avec les femmes - séropositives ou non - qui se battent de quelque façon que ce soit pour améliorer leur condition. Les femmes ne forment pas une grande catégorie dont on traite les problèmes en disant qu’elles sont plus vulnérables, ou simplement qu’elles sont dominées. Le féminisme ne peut exister et trouver des forces aujourd’hui que s’il s’attache aux problèmes concrets que rencontrent les femmes, à ce qu’elles vivent et subissent. Nous rencontrons des problèmes divers, qui doivent être affrontés dans les contextes où ils surgissent. Des féminismes doivent être réinventés et multipliés, aux endroits précis où le statut de « femme » nous expose à des difficultés ou à des discriminations. Il n’y aura pas de lutte contre le sida sans féminisme-s. Les succès et les échecs des luttes des associations proches des nôtres nous seront nécessaires pour inventer notre politique.

Ce que les pédés ont réussi à conquérir, en partie au travers de la lutte contre le sida - la fierté d’être gay ou lesbienne, la fierté d’être ce qu’on est, la possibilité de « sortir du placard » - nous, femmes séropositives ou séronégatives, engagées ici dans la lutte contre le sida, avons encore à le conquérir. Cette épidémie nous a conduitEs à nous battre pour la reconnaissance des droits des homosexuel(le)s. Elle nous a conduitEs à contester les lois sur les drogues et la toxicomanie. Elle nous a conduitEs à demander la régularisation des sans-papiers et la libération des séropos incarcérés. À contester le contrôle social que nous impose l’administration. Elle nous demande aussi de réinventer le féminisme. Il nous faut reprendre la parole. Refuser de laisser les autres parler à notre place. Contester les représentations dans lesquelles on a prétendu nous enfermer, et les positions auxquelles on nous assigne. Faire vivre d’autres modèles, loin des images de victimes ou de dominées.

L’AG des Femmes

Cette assemblée a réuni plus de deux cents femmes le 28 mars dernier. Elle a permis de dresser une sorte de cartographie des luttes féministes et des luttes contre le sida. Sont apparus immédiatement le besoin d’un regroupement des femmes séropositives, la nécessité et l’envie d’actions communes. Cette réunion a permis également d’amorcer un dialogue entre des transsexuelles et des groupes féministes. Nous avons choisi de publier ici plusieurs extraits des différentes interventions préliminaires au débat.

Nous sommes vivantes et belles ! Marjolaine, d’Act Up-Paris

Alors que l’on parle de plus en plus de la femme et du sida, aussi bien dans le corps médical que dans les associations, bizarrement j’ai l’impression que les premières intéressées ne veulent absolument pas s’y intéresser. La conséquence est que nous sommes invisibles dans la société, et tant que nous serons invisibles nous serons nécessairement marginalisées .

De plus, nous sommes l’objet d’études de la part de sociologues, psychologues et autres, nous sommes l’objet de la parole et du regard des autres, et maintenant il est temps que nous devenions sujets, nous devons prendre la parole. Je ne veux plus laisser les autres parler à ma place Aujourd’hui devenir visible, se revendiquer en tant que femme séropositive est un acte politique et un acte de prévention .

L’épidémie se développe actuellement chez les hétérosexuels, parce que les hétéros ne veulent pas y croire pour une grande majorité, et si les femmes contaminées osaient le dire plutôt que de se cacher, cela rendrait les choses un peu plus réelles.

Il y a d’abord la peur de se voir dans le regard de l’autre comme des malades, puis le poids de la stigmatisation, et l’image qu’on nous a collée - puisque nous sommes invisibles, il faut bien que l’imaginaire des autres invente quelque chose. Parce que nous sommes séropositives nous appartenons à une minorité , très stigmatisée pour l’instant, et c’est de cette appartenance à une minorité que nous devrions trouver la force pour nous faire accepter. Mais beaucoup de femmes ne sont pas préparées à appartenir à une minorité , et n’ont pas compris que leur statut dans la société ne dépend que d’elles ; que c’est en revendiquant notre statut minoritaire de séropo que nous arriverons à exister en tant que telles et que nous cesserons d’être discriminées .

Les femmes africaines en France Aimée, de l’association Ikambéré

Je suis malade depuis 15 ans, sous traitement depuis 12 ans, ça ne se voit pas, je suis une belle femme. Je ne représente pas toutes les femmes africaines, chaque femme a son histoire. Dans l’association Ikambéré il y a 220 femmes africaines séropositives. Il leur faut affronter le rejet et dépasser la honte. En Afrique le sexe est tabou, en particulier dans les médias.

Depuis la loi Chevènement, les femmes africaines se trouvent dans un état de précarité accrue. Arrivant d’Afrique pour rejoindre leur famille, elles ont des autorisations provisoires de séjours, de 6 mois, qui leur interdisent de travailler. Sans indépendance financière, sans titre de séjour, tout traitement est quasiment impossible. Et quand elles peuvent accéder à un traitement, il leur est difficile d’avoir un régime alimentaire sérieux.

Quand on n’est pas indépendante, se pose le problème de la protection pendant les rapports sexuels : exiger un préservatif est compliqué. Le préservatif féminin est une solution plus facile pour les femmes africaines ; j’ai fait de nombreuses démonstrations du préservatif féminin auprès de femmes en Seine-Saint-Denis, et nous en avons distribué plus de trois mille dans l’association.

Féminisme et sida Aude, d’Act Up-Paris

Ce qui a mis le feu aux poudres, pour nous, c’est le compte-rendu d’une recherche d’Irène Théry dans Libération, qui s’intéressait à la « féminité blessée » des femmes séropos, et qui traitait le problème en nous renvoyant aux pires clichés concernant les femmes. Un article qui manipulait des idées du style : être « une vraie femme », ce serait - je cite Irène Théry - « avoir un corps désirable et beau, un corps accueillant et prolifique, un corps qui soit un bien rare au plan sexuel «  ; « pouvoir faire don de soi », cette dimension spécifique de la féminité qui serait une « réelle fierté des femmes »... et qui concluait bien sûr que la souffrance des femmes séropos viendrait d’avoir à se trouver en défaut par rapport à ces modèles. Un article vraiment étouffant et obscène.

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L’énervement redouble quand on prend connaissance des programmes impulsés par la Direction Générale de la Santé (DGS) sur la question « femmes et VIH », qui s’inscrivent dans le droit fil de ce soi-disant « féminisme », en fondant toute leur politique sur le concept de « vulnérabilité » des femmes - concept retenu, je cite la DGS, comme « concept opérant pour la prévention » du VIH. Il faut arrêter de parler de la sexualité des femmes en termes de « vulnérabilité ». D’abord parce que la « vulnérabilité » est un concept inopérant.

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Cette réunion part d’un sentiment d’isolement. Mais aussi et surtout d’une envie d’activisme féministe. D’un côté on a une maladie qui rend mortels - au sens propre - des problèmes sociaux, pour certains rencontrés plus fréquemment par les femmes que par les hommes : le manque d’autonomie financière, l’isolement, le manque d’information, etc. On a des tabous autour de la sexualité des femmes, qui font que les campagnes de prévention sont totalement euphémisées et inefficaces, et que l’épidémie se développe de façon réellement inquiétante. On a aussi un manque de représentativité des femmes qui fait que la recherche prend du retard sur les problèmes qui leur sont spécifiques. De l’autre côté, on a l’absence des féministes sur les domaines où on aurait besoin d’elles, et une inflation effrayante de considérations sur la domination des femmes et la nocivité des hommes - qui ne mène à rien, voire nous mène tout droit à l’impasse. La question, c’est : comment on s’y prend pour faire bouger tout ça ?

Prévention et contraception Brigitte, d’Act Up-Paris

En s’intéressant à la prévention hétérosexuelle telle qu’elle est envisagée, par les pouvoirs publics, par les organismes de santé et par les usagers, on découvre qu’il y a là des problèmes particuliers, qui sont essentiels à analyser pour penser le « féminisme ».

Les femmes doivent se battre pour plus de visibilité de leur sexualité. Il faut sortir les femmes de cette position de culpabilisation et de victimisation : « Je n’ai pas réussi à imposer la capote. » ; dans cette petite phrase il y a toute l’histoire du ratage de la prévention. Visiblement les hétéros ont plus peur des capotes que du sida.

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On entend souvent : « La prévention hétéro, c’est quelque chose de compliqué. » La prévention en direction des pédés est apparue très tard, parce qu’il ne fallait pas parler de leurs pratiques, la prévention hétero n’a jamais accepté de parler de pratiques. Les homos « baisent », les hétéros « font l’amour«  : donc ils ne risquent pas le sida La prévention en direction des femmes hétéros ne parle pas de pratiques sexuelles, parce qu’on considère qu’elles n’en n’ont pas.

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On a tous besoin d’une palette de moyens de prévention la plus large possible, tous, lesbiennes, pédés, hétéros, etc. Pour cela on demande le préservatif dit féminin soit enfin accessible, moins cher, et que soient enfin élaboré des virucides, qui pour l’instant, de même que les vaccins, n’existent pas.

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La contraception ne peut être envisagée sans parler de la prévention, et vice-versa, parce qu’il ne faut pas que l’une fasse négliger l’autre.

Toute séparation, outre qu’elle a depuis longtemps montré son inefficacité, crée des divisions et des antagonismes sida/contraception, qui sont préjudiciables aux deux.

On a entendu des responsables de campagnes de contraception et de prévention dire que le préservatif n’est pas sûr à 100% en tant que contraceptif. Ce qui pouvait se dire il y a 20 ans, avec l’arrivée de la pilule, devient problématique à l’ère du sida : pourquoi déprécier et éloigner les gens de ce qui est le seul moyen de prévention actuellement ?

Il y a un terme étrange que l’on peut entendre à propos de la prévention et/ou de la contraception, qui est « la réduction des risques » (cf. la campagne de la DGS). Ce terme fait croire qu’il y aurait une gradation dans la protection contre le sida, et qu’on disposerait de plusieurs moyens de protection. Parallèlement circule l’idée que les gels spermicides auraient une efficacité contre le virus du sida, mais pourquoi contourner les préservatifs qui seuls protègent du sida ?

Apparition des transexuelles

C’est en tant qu’association de transsexuelLEs, majoritairement femmes, que le PASTT, Prévention Action Santé Travail pour les Transgenres, a été invité à participer à cette Assemblée Générale. En tant que femmes de genre, non pas femmes biologiques mais « femmes dans la société au quotidien ».

Montée sur l’estrade, Camille Cabral, présidente de l’association, invite tout d’abord les transsexuelLEs présentes dans l’amphithéâtre à la rejoindre ; elle poursuit son intervention entourée de Pascale, Lina, Yarsenia, Adriana et Magnolia.

Le souhait du PASTT, c’est de « rencontrer les groupes féministes », et d’ouvrir un dialogue à partir de son expérience. Depuis son adolescence, Camille a une vision de ce que c’est que d’être féministe : « défendre des droits capitaux pour les femmes, comme le droit de vote, le droit d’exercer toute profession, de participer à la vie politique, la parité ». Mais, elle a vu des féministes prendre position « contre certaines minorités, notamment les transsexuelles et les prostituées ». Refuser, par exemple, que les transsexuelles utilisent les toilettes des femmes. Mettant en avant la prostitution des mineurs, le banditisme, la traite des blanches ou le proxénétisme, les courants abolitionniste et prohibitionniste, soutenus, notamment, par des féministes, entretiennent un amalgame que Camille dénonce : « Ces phénomènes autour de la prostitution ne sont pas la prostitution. Et il faut être capable de faire la distinction. »

S’il n’y a pas fondamentalement de relation entre prostitution et transsexualisme, Pascale rappelle que, pour de nombreux transsexuelLEs, la prostitution devient une obligation simplement parce que le monde de l’emploi leur est fermé. Sa répression favorise l’insécurité et va à l’encontre d’une approche de santé publique privilégiant la réduction des risques, notamment en ce qui concerne le sida et les hépatites, comme c’est le cas dans le modèle hollandais qui prévoit l’existence de zones de tolérance et assure la sécurité des prostituées comme des clients. En France, la police représente avant tout une menace pour les prostituées et leurs clients, elle n’intervient généralement pas pour empêcher les vols, raquettes ou viols.

Dans un contexte de travail sexuel où fellations et sodomies réciproques sont l’usage, elles sont très exposées. La prévention des risques de contamination est une des activités du PASTT et Camille souhaite insister sur plusieurs points. Elle saisit un préservatif féminin dans sa main droite, un préservatif masculin dans sa main gauche et les montre à la salle. « Chacun a un rôle. C’est un outil de prévention. Mais il ne faut pas confondre cela avec la parité, surtout dans le cadre de la prostitution. » Le préservatif féminin est inadapté au monde de la prostitution : très peu discret, cher (18 francs l’unité), difficile à installer dans certaines situations ; de plus, des risques d’utilisation multiples sont à craindre. Pour Camille, il est irresponsable de faire sa promotion dans le domaine de la prostitution, le seul véritable outil de protection dans ce contexte reste le préservatif masculin.

Après de nombreuses interventions de la salle, le dialogue est ouvert entre le PASTT et les féministes.

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Version imprimée

Publiée dans Vacarme 12, , pp. 37-40.