Vacarme 22 / Arsenal

Sangatte : trois ans de leurre, une fin en trompe-l’oeil

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Annonce franco-anglaise de la fermeture anticipée du centre de Sangatte, consensus unanime des élus de tous bords, brutalités et surveillance policières. Retour sur le fonctionnement et la liquidation de ce lieu, emblématiques du démantèlement du droit d’asile et des politiques qui visent à rendre invisibles, tout en les criminalisant, les nouvelles « classes dangereuses ».

8 décembre 2002

C’est un bâtiment de métal, grand comme un paquebot, que l’on décida un jour de transformer en abri pour de curieux oiseaux migrateurs, de l’espèce humaine. Il faut dire que ces oiseaux-là, avant qu’on ne leur ouvre un abri, se posaient un peu partout en ville, et que ça faisait désordre. Le premier réflexe avait été d’essayer de les empêcher de migrer de façon aussi insolente. Mais plus on s’ingéniait à leur rendre la traversée difficile, plus ils restaient là, à tourner et tourner encore du côté du port. Avec l’abri, s’était-on dit, au moins, on ne les verra plus. Pendant trois ans, ce paquebot qui ne flottait pas vit passer des milliers d’hommes, un peu moins de femmes et d’enfants. Au début, presque tout le monde s’en moquait, et puis, peu à peu, de partout, des curieux sont venus voir les oiseaux migrateurs, étudiant leurs itinéraires, s’intéressant à ce qui les poussait à vouloir absolument tenter la traversée à cet endroit. L’abri-paquebot, au bout du compte, s’avéra produire l’effet exactement inverse de celui recherché : tous les regards convergeaient sur lui et sur ce qu’il était censé dissimuler. C’est alors qu’un nouveau gouvernement arriva au pouvoir, qui résolut de supprimer l’abri, et de tout faire pour décourager nos oiseaux de s’aventurer dans ce coin-là.

Il est un peu trop tôt, sans doute, pour écrire vraiment l’histoire du camp de Sangatte, de son début à sa fin - annoncée pour dans quelques semaines au moment où s’écrivent ces lignes. Un peu trop tôt, parce que l’histoire de ce camp est faite d’une foule de micro-histoires, d’anecdotes, de péripéties, qu’il sera intéressant, un jour, d’essayer de rassembler. Également parce que certains pans de cette histoire ne sont connus que des pouvoirs publics, d’institutions comme la Croix-Rouge ou le HCR, de la police, ou des passeurs.

On peut en revanche dès à présent en relever quelques traits, et mesurer en quoi Sangatte, jusqu’à l’aube de sa fin programmée, est tout à la fois singulier et emblématique des politiques actuellement menées.

Le trait le plus remarquable de l’histoire de Sangatte, c’est l’imbrication de plusieurs leurres. Autour de Sangatte, des records ont été battus dans l’art de faire semblant.

de la construction de quelques leurres

Un premier leurre est fabriqué à partir de l’idée que les réfugiés venus dans le Calaisis ne sont pas demandeurs d’asile. La répétition d’énoncés dont on s’est le plus souvent bien gardé d’aller vérifier la réalité, et surtout les motifs avancés (« ils ne veulent pas demander l’asile en France », « ils veulent aller en Angleterre ») a permis d’oublier combien la France, à l’instar d’autres pays traversés par ces réfugiés, sait se montrer dissuasive aux demandeurs d’asile, par exemple en refusant d’enregistrer leur demande, mais surtout parce qu’elle les oblige à rester un an ou plus sans droit au travail. L’Angleterre, en comparaison, permet de meilleures conditions d’accueil, entre autres par la facilité d’accès à des emplois illégaux. En fait, si certains ont des raisons précises de vouloir se rendre en Grande-Bretagne plutôt qu’ailleurs, la plupart sont arrivés aux portes de l’Angleterre parce qu’ils n’ont été accueillis nulle part ailleurs en Europe.

En tout cas, pour que des étrangers, en situation irrégulière au regard du droit français, arrivent par dizaines dans la région, il a bien fallu qu’on fasse semblant de ne pas les voir. L’objectif inavoué, mais évident, des pouvoirs publics, dès avant la décision de l’ouverture du centre et dans les mois suivants, était de laisser passer outre-Manche le plus grand nombre possible de réfugiés. Le calcul était simple : la France n’aurait pas à examiner la demande de protection, ni à accueillir tous ceux qui arrivaient en Angleterre. De même avaient agi les autres pays par où ces migrants étaient passés.

Dans un curieux casting, les forces de police locales, se sont donc retrouvées chargées de conduire ou reconduire au camp de Sangatte les étrangers sans titre de séjour qu’elles trouvaient au cours de leurs patrouilles, dans Calais, sur la route, dans le port, près du tunnel : des étrangers que l’on décidait, à cause de leur nationalité, de ne pas arrêter, ainsi que ceux qui, déjà résidents du camp, avaient échoué dans leur tentative de traversée de la nuit. Il semble même, d’après certains témoignages, que des policiers ou employés de préfecture ailleurs en France aient suggéré à des Afghans ou à des Kurdes d’aller à Sangatte…

Pendant ce temps, la France semonçait l’Angleterre, coupable, à l’entendre, de se rendre trop attractive pour les demandeurs d’asile. Et elle s’est défendue du laxisme dont l’accusait en retour l’Angleterre en déployant d’imposants moyens de surveillance de ses frontières autour de Calais : rondes de policiers accompagnés de chiens, appareils de détection de présence humaine à bord des camions, barbelés, etc.

Deuxième leurre, donc : feindre de tout faire pour empêcher le passage, alors qu’en réalité on se contentait de le gêner. Quand on ne l’encourageait pas.

L’étrange état d’exception qui a régné dans la région au cours des trois années écoulées, où était ouvertement tolérée la présence d’étrangers en situation irrégulière, n’est finalement pas si unique qu’il y paraît. Car partout ailleurs sur le territoire national se trouvent aussi des sans-papiers. Même si beaucoup d’entre eux sont interpellés, condamnés pour infraction au séjour, et parfois reconduits à la frontière, plus nombreux sont ceux qui parviennent à rester sur le sol national. La répression policière et judiciaire n’aboutit pas à empêcher les milliers de personnes à qui est refusé un droit légal au séjour de rester, mais seulement à les maintenir dans la peur, l’obligation de se cacher, et l’impossibilité de jouir des droits auxquels peuvent prétendre les résidents dûment encartés.

On sait qu’à Calais, de temps en temps, il a été demandé à la police de fermer les yeux pendant une nuit ou deux sur les tentatives de traversée clandestine de la Manche, le temps de laisser passer plusieurs dizaines de personnes. Le procédé ressemble à s’y méprendre à la politique d’immigration en vigueur depuis des années : de temps en temps, on organise une procédure de régularisation, dite « massive », ou « au cas par cas », laissant ainsi passer quelques milliers de personnes du statut de sans-papiers au statut d’étrangers titulaires d’une carte de séjour.

Le troisième leurre consiste ainsi à proclamer la volonté de « maîtriser les flux migratoires », quand on se borne à faire varier le niveau et les lieux d’exercice de la répression, au gré des mouvements sociaux, des négociations entre États, des besoins de l’économie, ou des stratégies mouvantes de communication.

une fin dite « équitable et humaine »

Récemment, à l’instar d’une opération de « régularisation partielle », on a fait passer une partie des réfugiés présents dans la région - les résidents actuels du camp - du statut de réfugiés sans titre bloqués en France au statut d’étrangers admis au séjour, en Grande-Bretagne ou en France. En fait, 70 % des résidents du camp iront en Angleterre, où leur sera reconnu le droit de demander l’asile ; ou bien ils s’y verront délivrer une autorisation de séjour et de travail. La France, elle, se charge des 30 % restants, auxquels s’ajoutent certains des migrants présents dans la région, qui ne sont pas ou plus hébergés à Sangatte mais qui sont invités à demander l’asile.

Le ministre de l’Intérieur se réjouit de cette solution « équitable et humaine ». Ceux qui se sont trouvés écartés du dispositif apprécieront moins le sens de l’équité du ministre. Est-il « équitable », en effet, de traiter différemment celui qui aura eu la chance de se trouver à l’intérieur du camp et/ou de disposer d’un badge le jour où il a été décidé de fermer le centre aux nouveaux arrivants, et celui qui n’est arrivé que le lendemain ? L’équité, on doit comprendre bien sûr qu’elle réside non dans le sort fait aux personnes, mais dans le partage, entre la France et l’Angleterre, de la « charge » que sont censés représenter les réfugiés de Sangatte.

L’accord entre les deux pays ressemble davantage à un marché, à un deal, qu’à une mesure humanitaire. Dans cette affaire, on se partage des humains jugés encombrants comme on se serait partagé des marchandises, voire des déchets.

Humanité et traitement humanitaire des questions migratoires constituent bien sûr un quatrième leurre, repérable dans toute l’histoire de Sangatte. Certes, si le camp a été ouvert, c’est au nom de principes humanitaires, pour que ne restent pas dans le froid et sans nourriture les étrangers qui, du fait des difficultés de passer la Manche clandestinement, se trouvaient sans abri dans Calais. L’aspect humanitaire a d’ailleurs été mis en relief avec la décision de confier la gestion du camp à la Croix-Rouge. Les populations accueillies ont été pour l’essentiel des ressortissants de pays jugés non sûrs, qu’il était donc difficile de renvoyer chez eux. Humanité ? Désir de ne pas scandaliser une partie de l’opinion ? Toujours est-il que, des Kosovars aux Bosniaques jusqu’aux Afghans et aux Kurdes d’Irak, il s’est agi de ressortissants de pays en conflit armé ou en guerre civile, de minorités opprimées dans leur pays, sous les projecteurs des médias.

Mais on peut douter du degré d’humanité des pouvoirs publics et des gouvernements successifs lorsqu’on observe, d’une part, le temps et les efforts qui ont été nécessaires aux associations locales pour obtenir l’ouverture d’un lieu d’accueil, d’autre part, les conditions effectives de cet accueil (dont le directeur du centre de la Croix-Rouge répétait lui-même qu’elles ne devaient pas être trop douces, « pour ne pas provoquer un appel d’air »), et, enfin, la nature des opérations policières qui ont accompagné la fermeture du camp, à Sangatte et bien au-delà.

déploiement policier

À partir du jour où n’ont plus été acceptés de nouveaux arrivants dans le camp, le retour à la « normale », du point de vue du droit des étrangers, a été brutal. Outre qu’il était déjà violent d’anticiper sur la date prévue de cette fermeture, et de laisser ainsi dehors des centaines de personnes épuisées par les péripéties de leur voyage, sans avoir tenté de les en prévenir, et sans avoir organisé des palliatifs au moins temporaires, les policiers ont été du jour au lendemain chargés de traquer tous les « clandestins » et de distribuer massivement des arrêtés de reconduite à la frontière. D’imposants renforts de plusieurs corps de police étaient arrivés sur les lieux : police nationale, CRS, gendarmerie, police de l’Air et des Frontières. Une chasse à l’homme a commencé, qui se poursuivra probablement encore pendant des semaines ou des mois. Des équipes se sont mises à patrouiller dans toute la zone, de jour comme de nuit, la nuit avec de puissants projecteurs destinés à débusquer ceux qui se terrent dans des abris de fortune.

L’opération visant à « vider » le Pas-de-Calais de la présence de migrants non admis au séjour a été conduite très en amont, par exemple dans les gares desservant Calais. À Paris, à Lille, à Dunkerque, Amiens, Caen, et même à Vintimille, plusieurs témoins disent avoir vu des policiers, ou des agents de la police ferroviaire, arrêter au faciès des voyageurs pourtant munis de billets, ou tenter de les dissuader de se rendre à Calais. En gare de Paris-Bercy, des Afghans ont ainsi été « cueillis » à leur descente d’un train venant de Rome, placés en centre de rétention, puis, pour certains, reconduits en Afghanistan.

Le but manifeste de ce déploiement policier est de décourager à tout prix des étrangers sans-papiers de venir, ou de rester, dans la région. Du coup, des moyens même illégaux, voire violents, semblent bien être employés. Certains réfugiés parlent de coups, de vivres volés, d’affaires volontairement endommagées. D’autres encore racontent avoir été conduits en voiture à plusieurs dizaines de kilomètres de la côte, et, après avoir été priés de ne plus se montrer dans Calais, abandonnés en pleine campagne. S’il est difficile de démêler le vrai du faux, trop de témoignages évoquent des comportements anormaux pour qu’on n’en croie rien.

Dans la ville même de Calais, toute l’ambiguïté de la politique conduite s’est d’ailleurs manifestée aux yeux de tous, puisque la presse a suivi de près les évènements consécutifs à la fermeture du camp à de nouveaux arrivants. Tout de suite, des dizaines de personnes se sont retrouvées errant dans Calais sous une pluie continue. Quelques-unes ont trouvé refuge chez des particuliers ou des militants associatifs, mais très vite ces solutions se sont avérées insuffisantes. La police a fait des rondes pour chasser les réfugiés attroupés dans la gare, ou s’abritant sous les porches, dans les cabines téléphoniques. Beaucoup ont du au cours de cette période quitter la région et tenter de passer en Angleterre par d’autres ports, plus au Nord ; les Belges ont noté l’arrivée de migrants plus nombreux qu’à l’ordinaire.

en guise de solution, une dissolution

Dans un premier temps, le maire, comme le préfet, ont affiché une fermeté sans faille : « il n’y aura pas de lieu d’hébergement ouvert dans Calais », « il n’est pas question de créer un nouveau Sangatte. » Puis rapidement, les positions ont évolué. Les militants des associations locales s’étant tout de suite organisés pour distribuer de la nourriture et des vêtements, quelques dons commençant à arriver, la municipalité a annoncé qu’elle allait financer une aide alimentaire d’urgence. D’hébergement, il n’était toujours pas question. Ensuite, un gymnase a été occupé par un groupe de réfugiés, soutenu par les associations. Chassés de ce gymnase, les réfugiés ont successivement occupé une autre salle de sport, puis une église désaffectée. Le préfet, le sous-préfet, le maire, le doyen, l’évêque, tous les notables sont venus se rendre compte de la situation, voir ce qui pouvait être négocié. On sentait l’image de la hache dans la porte de l’église St-Bernard, et son impact peu glorieux, dans toutes les têtes.

Visiblement, les autorités locales étaient prises de court. S’attendaient-elles à ce que l’afflux de réfugiés soit tari en quelques jours ? Toujours est-il qu’au bout de quelque temps elles se sont décidées à mettre en place un dispositif où traitement humanitaire et répression policière font un curieux ménage. Voilà que les réfugiés, largement privés jusqu’à présent de ce droit, sont informés sur l’asile en France. Tous les soirs, un car de la préfecture vient prendre ceux qui déclarent être prêts à déposer une demande d’asile, ou même seulement à y réfléchir, et les emmène vers des hébergements dont la localisation, toujours lointaine, leur est inconnue au moment du départ : Normandie, Alsace, ou Île-de-France.

Le marché est donc clair ; il est cependant facile de voir qu’il constitue, là encore, un leurre. Apparemment, il se décline ainsi : la possibilité vous est offerte de demander l’asile en France, vous serez pris en charge et hébergé ; bien sûr, il faut que vous acceptiez de partir de Calais, parce que nous manquons de places d’hébergement dans la région. Mais il peut être décrit autrement : si vous acceptez de renoncer à chercher à vous rendre en Angleterre, et donc de quitter la région, nous vous promettons quelques nuits au chaud et au sec. Après quoi vous pourrez bien devenir ce que vous voudrez. L’important pour nous étant que vous ayez débarrassé le terrain. Le préfet, en effet, avoue lui-même qu’il sait que plusieurs des réfugiés partis dans ces conditions ont quitté les centres et foyers où ils avaient été envoyés, et qu’on peut penser que certains ont regagné, sinon Calais, en tout cas les côtes de la Manche.

Le fait est que déposer une demande d’asile, lorsqu’on ne parle pas français, et qu’on ne dispose d’aucune aide pour savoir comment procéder efficacement, est difficile. Si l’on souhaitait véritablement que les intéressés puissent demander l’asile avec quelque chance de l’obtenir, on aurait pu, comme les associations qui soutiennent les réfugiés le demandaient, ouvrir une antenne à la sous-préfecture de Calais, ou organiser des navettes vers la préfecture la plus proche, à Arras. Le refus d’accéder à ces demandes montre que le but du jeu est de disperser les réfugiés, pour pouvoir afficher la pleine réussite de la fermeture du camp, et la fin du « problème » Sangatte.

entre la droite et la gauche, deux politiques pas si différentes que ça, et vouées au même echec

On peut penser qu’un gouvernement de gauche aurait conduit les choses de manière sensiblement différente, et qu’en particulier la violence policière aurait été moindre, mais rien ne permet d’affirmer que l’injustice et l’arbitraire n’auraient pas prévalu. La droite au pouvoir peut faire montre, d’ailleurs, sur certains points, de préoccupations de nature à satisfaire les humanitaires. Mais si les formes sont différentes, c’est la même politique que conduit la droite après avoir dénoncé avec vigueur celle de la gauche : il s’agit surtout de ne pas accueillir vraiment, et de masquer la réalité aux yeux de l’opinion. Le camp de Sangatte avait été créé pour que ne soient plus visibles les migrants dans Calais. La fin de Sangatte sert le même but. Ce n’est pas une solution qui a été trouvée - exception faite du sort du millier de résidents encore dans le camp de Sangatte lui-même - c’est une dissolution. Un trompe-l’oeil.

Qui s’intéressera en effet au sort d’un étranger isolé, qu’il soit ou non de fait demandeur d’asile ? Qui cherchera à savoir ce qu’il deviendra pendant les mois d’instruction de son dossier ? Qui s’inquiètera de lui s’il est au bout du compte débouté de sa demande d’asile ?

La fermeture de la frontière entre la France et l’Angleterre a créé un goulet d’étranglement à Calais mais n’a pas empêché les passages du continent vers l’Angleterre. Car les dispositifs de répression aux frontières n’ont pour principal effet que d’ouvrir un marché aux passeurs. Et plus on renforce ces dispositifs, plus on oblige ces passeurs à sophistiquer le montage de réseaux coûteux -dans tous les sens du terme - pour les migrants.

Pourquoi ne pas imaginer que ce qui a été décidé pour les quelques centaines de réfugiés présents dans le camp de Sangatte au moment de sa fermeture - les laisser aller là où ils veulent aller et leur accorder des papiers - pourrait s’appliquer à tous les migrants ? Quand commencera-t-on à réfléchir à ce que cela produirait, au-delà d’un nouveau respect de droits fondamentaux ?

À vouloir « gérer » les flux migratoires, on ne réussit qu’à rendre un peu plus pénible la vie des migrants. Les mouvements migratoires s’effectuent au gré de l’état du monde, des représentations que les humains ont de leur vie et de celle dont ils rêvent. Faire semblant d’exercer une quelconque maîtrise sur les itinéraires des êtres migrateurs ne sert que pour le pire : développer la peur, s’empêcher de penser, renoncer à toute aventure. Et conduit à mettre en scène, encore et toujours, des leurres inutiles et dangereux.

Page de ressources sur Sangatte  : http://bok.net/pajol/ouv/liens/sangatte.html

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Version imprimée

Publiée dans Vacarme 22, , pp. 52-56.