le kiosque

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rencontres, derrière les haies bien taillées d’une banlieue chic de l’ouest parisien, de bourgeoises cherchant une main d’oeuvre domestique à bas prix, et de femmes, étrangères pour la plupart, souvent sans papiers, cherchant, à tout prix, un travail. un marché inégal.

Juillet 2003, avec le collectif Précipité

À Neuilly-sur-Seine, un kiosque à journaux, une cabine téléphonique, un banc. Des magnolias géants installés par la municipalité reconnaissante autour d’un carrefour Playmobil, un pâtissier élégant, une terrasse de café en léger courant d’air, des petites maisons cossues dessinées en perspective sur un immense mur aveugle. Au pied du mur, le kiosque à journaux, apparemment ordinaire. À l’abri des regards, à l’arrière de la structure métallique, camouflées par des haies proprement taillées, des petites annonces. Pas une, pas deux comme à la boucherie-charcuterie d’en face, mais deux panneaux entiers, 300 à 400 affichettes selon la saison, bien classées en rang d’oignon. À gauche, celles des « dames » qui cherchent une nourrice, une femme de ménage, une cuisinière, souvent les trois à la fois, Française, pas Française, Mauricienne, Philippine, Polonaise, urgent, pour dépannage, parlant bien le français, si possible l’anglais « c’est mieux pour les enfants », très qualifiée, références exigées, permis de conduire, sachant faire ci sachant faire ça, déclarée, pas déclarée. À droite, les annonces, sept fois plus nombreuses, des « filles » qui cherchent, elles, un travail nourrice, femme de ménage, cuisinière, rarement les trois à la fois, Algérienne, Malgache, Sénégalaise, Malienne, JF très sérieuse, dynamique, grandes disponibilités, douce et expérimentée. D’un côté, de l’autre, des numéros de téléphone, portables, fixes, mais pas de noms, pas de prénoms, et jamais de tarifs pour ce qui est à faire.

En plein mois de juillet, les femmes à la recherche d’un emploi sont encore nombreuses à passer là, jeter un coup d’oeil sur les (rares) nouvelles annonces, discuter avec les autres venues elles aussi tenter leur chance. Les « dames », elles, sont presque toutes parties en villégiature. Parfois, une retardataire mal organisée arrête en double file sa voiture haute sur roues, allume les clignotants et passe furtivement derrière le kiosque. Une des femmes l’intercepte, lui propose ses services. Et là moment de gêne, ah vous cherchez, ah je cherche, etc. On s’assied sur le banc, on discute. Le marché est conclu, ou pas. Parfois aussi la « dame » envoie son chauffeur aller chercher une des « filles », RDV sur le banc, rapide et pratique, si ça ne convient pas, on recommence. De son kiosque, le préposé aux journaux fait mine d’ignorer le va et vient. Seul l’intéresse son petit business : déposer une annonce coûte 2 euros 30 aux « dames » (pour dix jours), 1 euro 50 aux « filles ».

Il y a les chemins qui mènent ces femmes au kiosque, les unes aux autres, mobilité, errance, dénuement d’un côté, immobilité, stabilité, confort de l’autre. Des femmes venues de loin, d’Afrique, d’Asie, d’Amérique du Sud, traversées par des histoires dramatiques et complexes, débarquées dans des centres d’accueil, souvent sans famille, sans papiers ou en attente de régularisation, qui téléphonent et rencontrent et finissent par travailler pour d’autres femmes peu scrupuleuses ou bêtement ignorantes des règles d’embauche, aux enfants joufflus, aux appartements spacieux et lumineux, aux activités professionnelles lucratives et aux vacances « crevantes ».

Il y a le kiosque, lieu où ces trajets se croisent, imprévus, invisibles, où s’expriment des besoins opposés, symbole d’un marché du travail d’une extrême fluidité, où rien ne vient s’interposer entre l’offre et la demande, capitalisme à l’état pur, flexibilité maximum. Les prix, jamais annoncés à l’avance, sont fixés au jour le jour en fonction du rapport de force individuel et de la concurrence, « depuis peu il y a des filles des pays de l’Est qui viennent, j’ai même vu une Tchétchène », « elles veulent des Mauriciennes ou des Polonaises qui parlent mal français, qui ne réclament pas ». Le Code du travail ? Ignoré dans les annonces (discrimination, exigences exorbitantes au regard de ce qui est à faire) aussi bien que dans la pratique (salaires invariablement inférieurs au SMIC, emplois le plus souvent non-déclarés contrairement à ce qui est promis, privant la salariée de toute sécurité en matière de licenciement, de congés payés, de droits à la retraite, au chômage, etc.). Bien connu au-delà des frontières de Neuilly, toléré par les institutions publiques pour les services rendus (à la mairie, on le recommande), cet îlot hors-la-loi n’émeut personne. Les employeurs justifient leur propre illégalité par celle de la majorité des femmes venues ici chercher un travail. Le piège se referme sur celles qui hésitent à se régulariser pour rester « attrayantes » et sur celles, aussi, titre de séjour en main, qui peinent à trouver du travail déclaré. Absence de garde-fous et de régulation, violence et inégalité de la confrontation, les quatre face-à-face qui suivent témoignent d’un système dégénéré en pleine affirmation de soi (Neuilly, mairie de Sarkozy depuis 1983). Discussions téléphoniques enregistrées fin juillet puis retranscrites pour Vacarme, ces fausses tentatives de se faire embaucher sont de vraies tentatives de faire dire ce qui est dit habituellement.

URGENT, CHERCHE PHILIPPINE, MAURICIENNE, MI-TEMPS, 3 X SEM., REPASSAGE, MÉNAGE.

J’appelle pour votre annonce au kiosque de Neuilly. Je vous passe ma femme, c’est elle qui gère ça. Elle vous savez repasser et faire le ménage ? Oui, je sais faire, je l’ai déjà fait. Tout, les chemises, les cols, les poussières, les vitres, tout ça bien à fond ? Oui. Mais vous n’avez pas d’accent... Je suis Algérienne, ça ne pose pas de problème ? Ah, ce n’est pas la peine, je ne cherche pas ça, comme je l’ai mis dans l’annonce, j’ai toujours eu des Philippines ou des femmes asiatiques, c’était très bien comme ça. Mais... Allez, non, non.

RECHERCHE PHILIPPINE, SRI LANKAISE, MI-TEMPS, 6 X PAR SEMAINE, MENAGE, REPASSAGE, GARDE ENFANTS, PARIS 12, POUR SEPTEMBRE

(...) Mais vous-même, qu’est-ce que vous faites en ce moment, vous travaillez où ? Je garde des enfants, mais la famille déménage à cause d’une mutation. Bon, de toute façon je vous demanderai les références. Vous avez vu l’annonce, c’est pour vous occuper d’un petit garçon de dix mois, jouer avec lui, le surveiller (...) Il faut tout lâcher quand il pleure, n’est-ce pas ? Vous avez l’expérience des enfants en bas âge, vous avez quel âge ? 31 ans, j’ai déjà gardé un bébé pendant quatre ans, de sept mois jusqu’à quatre ans et demi. Bien, chez nous, c’est six fois par semaine, quatre heures par jour à peu près, ça peut être plus ça peut être moins en fonction des besoins. Vous n’aurez pas besoin de lui donner le biberon (...). Quand il dort ou il joue dans son coin, vous pouvez faire le repassage, la serpillière, toutes les petites choses qu’il y a à faire dans la maison. C’est grand votre maison ? Assez, quatre, cinq pièces. C’est près de Nation, vous habitez où ? À Joinville, près du RER. Vous êtes de quelle nationalité ? Française, j’ai vu dans l’annonce que vous préfériez une Philippine ou une Sri Lankaise, mais comme j’ai les qualifications, je me suis dit que... D’accord, ça ne pose pas de problème, j’ai mis ça comme ça, souvent elles sont mieux..., en plus elles parlent anglais, c’est bien pour les enfants... C’est pour ça (...). Les premiers mois, vous n’aurez pas à faire la cuisine, mais après, si ça se passe bien, vous savez cuisiner ? Oui, ça va. Et combien vous payez ? Je ne vous ai pas dit le tarif ? 450 euros par mois, c’est un forfait, j’ai pensé que c’était plus pratique. En brut ou net ? Mais ce n’est pas déclaré, je préfère ne pas déclarer quelqu’un que je ne connais pas, d’abord vous viendrez un ou deux jours, puis une semaine, puis on verra si ça se passe bien. De toutes façons, je ne préfère pas, vous comprenez ? Pour vous, c’est comme si c’était un petit job, il faudra vous trouver un autre boulot le matin, hein, sinon c’est sûr ce n’est pas suffisant, quelque chose comme un autre mi-temps, ici, ce n’est qu’un petit plus pour vous, ce n’est pas grand-chose. Oui mais, il faut que je sache si c’est sérieux de votre part, si je quitte mon emploi actuel, et puis il peut toujours arriver quelque chose quand on travaille chez quelqu’un, c’est pour ça que je pensai qu’il valait mieux être déclarée. Ah, c’est sûr, mais c’est comme ça, d’abord plusieurs mois comme ça puis on verra à l’usage (...). [1]

RECHERCHONS À NEUILLY UNE PERSONNE AVEC PAPIERS EN RÈGLE DE 14 HEURES À 20 HEURES DU LUNDI AU VENDREDI POUR ASSURER TENUE ET ENTRETIEN MAISON, MÉNAGE, REPASSAGE, CUISINE, CHERCHER UN ENFANT DE TROIS ANS À LA SORTIE DE L’ECOLE ET S’EN OCCUPER.

(...) Nous faisons passer des entretiens en ce moment même, je ne vous cache pas c’est un travail très prenant, aller chercher un petit enfant à l’école, et aussi tenir la maison, nous cherchons plutôt une gouvernante, vous voyez, quelqu’un qui sache tout faire, c’est très difficile de trouver. Vous-même vous avez quel type d’expérience ? J’étais dans une famille, un peu comme la vôtre, et il y avait une petite fille de deux ans, je m’occupais aussi de la maison, mais ils ont déménagé à cause d’une mutation. Vous faisiez aussi la cuisine ? Oui, quand c’était nécessaire. Nous c’est tous les jours, pour notre fils et pour nous, nous rentrons tard mon mari et moi, nous n’avons pas le temps. Vous êtes de quelle nationalité ? Bulgare. Mais vous avez des papiers ? Oui, je suis en règle. Et des références pour vos précédents emplois, il me faut tout, les numéros de téléphone que je puisse appeler. C’est que... Comme je n’étais pas déclarée, les personnes refusent de donner des références. Je vois, je ne vous ai pas dit, mais nous aussi ce sera comme ça, c’est trop compliqué de déclarer si ça fonctionne mal, mais il y a peut-être un moyen de les appeler, vous avez un numéro de téléphone ? Oui, sans doute, je vais voir (...). De toute façon, je préfère vous rencontrer, vous pouvez venir la semaine prochaine ? Oui, mais d’abord pourriez-vous m’indiquer les horaires et les tarifs ? Les horaires, c’est comme sur l’annonce, de 14 à 20 heures à peu près, de temps en temps le week-end et les vacances si ça vous va. C’est 585 euros par mois, c’est ce qu’on a toujours fait. La carte orange et les repas sont inclus ? Oui, oui, tout est inclus, c’est ce que vous recevrez, tout compris, après vous vous débrouillez. Ça vous va, n’est-ce pas ? (...) [2]

CHERCHE NOURRICE DOUCE ET GAIE, POUR GARDER ENFANTS (2+4), PLEIN-TEMPS, MÉNAGE, REPASSAGE, SACHANT CUISINER, FRANÇAIS PARLÉ, LU, ÉCRIT ÉXIGÉ, LOGÉE, RÉFÉRENCES EXIGÉES, TRÈS URGENT, DECLARÉ.

(...) C’est pour nos deux garçons de deux ans et demi et quatre ans. À partir de septembre, il faudra garder le bébé la journée, et aller chercher l’autre à l’école. Vous-mêmes vous avez déjà travaillé comme nourrice, vous avez des enfants ? Je n’ai pas d’enfants, mais j’ai déjà gardé des petits jumeaux auparavant. Ça s’est très bien passé. Mais que faites-vous en ce moment, vous travaillez, vous habitez où ?À Joinville, la famille chez qui je travaillais va déménager à cause d’une mutation, c’est pour ça que je cherche. Vous me donnerez leur référence, leur numéro de téléphone pour que je les contacte (...). Et le ménage, la cuisine, vous le faisiez chez ces gens ? Oui, le ménage tous les jours et la cuisine quand ils me demandaient. (...) Vous parlez bien français, c’est important, vous êtes de quelle origine ? française. Ah, mais on ne vous déclarera pas, je préfère vous dire. Dans l’annonce pourtant... Oui, mais en fait on ne préfère pas, c’est plus pratique comme ça, en plus c’est avantageux pour vous. Surtout qu’on vous loge (...) Il y a une chambre au septième. Une chambre de bonne ? Oui, c’est ça avec un lavabo et des WC sur le palier. Ça peut vous intéresser ? Vous devriez quitter votre logement actuel, ce ne serait pas trop compliqué ? Non, sans doute pas. Parce que le logement fait partie du salaire évidemment, ça intéresse plus quelqu’un qui n’a pas de logement, avant on avait une fille au pair, c’était très bien mais elle était un peu jeune (...). Vous avez quel âge, vous avez un mari, un petit ami, parce que... ? Non, je suis célibataire, mais quel est le salaire ? Comme vous êtes logée, c’est deux cents ou trois cents euros en fonction de ce que vous aurez fait dans la maison, et le week-end vous êtes libre (...).

On raccroche, avec un mauvais sentiment, sans savoir ce qui cloche au juste. Ce n’est pas le ton, bien qu’un peu hautain des interlocutrices. L’insultepermanente au Code du travail ? Évidemment, mais pas seulement. Le côté directif ? Une spécificité des entretiens d’embauche, qui fait qu’au son même des voix on distingue immédiatement le candidat de l’employeur. Le côté dirigiste, « vous avez un petit ami ? », « vous devrez trouver un autre travail, n’est-ce pas ? », « il faut déménager pour venir loger dans ma chambre de bonne », est plus inhabituel, glissement imperceptible vers une prise de possession ferme et définitive, sous-entendu que l’autre vous appartient déjà un peu, que vous le tenez entre vos doigts, qu’il vous sera très bientôt redevable. Glissement insensible vers la barbarie, pas celle Vue à la télé, mais celle du coin de la rue, entreprise d’avilissement et de réification encouragée par la situation de faiblesse imaginée des candidates au travail.

Sans même parler de maltraitance, dont on sait maintenant qu’elle n’est pas exceptionnelle, comment devient-on bourreau domestique ? Comment se produit le basculement ? Quelle société autorise la mise en place de marchés parallèles où les plus aisés profitent de la précarité des plus fragiles ? Quel Etat permet que des femmes s’asservissent pour survivre ? L’affront, la plupart de celles qui passent au kiosque pour chercher un emploi le subissent. Elles en sont conscientes, parlent d’« exploitation », d’« esclavage », se plaignent des conditions de travail, ignorent les annonces les plus farfelues, mais savent qu’elles acceptent ce que d’autres refusent, et que parmi elles certaines « cassent les prix parce qu’elles n’ont rien, rien pour vivre, rien pour s’habiller ». Inégalité dans la misère, concurrence entre les femmes, signe que la machine à barbarie fonctionne à plein.

Par-delà l’individualisme forcé s’enracine une conscience collective, « ici, nous sommes toutes des étrangères », « le choix, c’est ça ou le trottoir », « eux, ils ont l’argent, nous on en a besoin », ainsi continuent-elles de venir. Le kiosque comme solution de survie. Bouée de sauvetage que par définition elles espèrent temporaire, « c’est pour quelques mois, juste le temps de gagner un peu d’argent, pour louer un studio, payer les factures, et je trouve autre chose, quelque chose de plus intéressant qui corresponde à ma formation ». Dans leur parcours chaotique, c’est une escale de plus, sans avoir l’heure du prochain départ, « ici, j’y viens depuis sept ans, depuis 1996, je gardais une vieille dame la nuit à Neuilly, à ce moment-là le kiosque était de l’autre côté de la rue, il y avait plus de femmes qui venaient, des Noires et des Maghrébines, le voisinage a dû se plaindre, maintenant c’est caché par une haie ». Parce que le provisoire finit parfois par durer, certaines s’accommodent de la situation. « Les dames sont quand même gentilles, elles paient mal, elles demandent trop de choses, mais je me souviens de l’une d’elles, très élégante, de longs cheveux poivre et sel, seule dans un immense salon avec tous ses morts en photo autour d’elle, elle m’avait bien reçu ». Leur seule arme, c’est de pouvoir partir quand elles n’en peuvent plus, « ça m’est arrivé plus d’une fois, une dame m’a embauchée pour faire la poussière, en fait elle me demandait d’espionner sa belle fille, c’était insupportable, j’ai refusé, je suis partie comme ça, sans prévenir, elle n’a pas compris ». Leur seule obsession, s’échapper du piège dès que possible, trouver la faille, la brèche, celle qui permet de coincer le pied dans la porte et de la forcer jusqu’à ce qu’elle s’ouvre.

manège

  1. Sortir au métro Pont-de-Neuilly, prendre la rue du Château, direction place du général Gouraud. Un carrefour ordinaire, des commerces, un bistrot, du trafic, une légère atmosphère d’ouest parisien.
  1. Au pied d’un grand mur sans porte ni fenêtre, le kiosque. Sur la gauche, une cabine téléphonique, sur la droite, un banc. De chaque côté, des haies taillées à hauteur d’homme cachent l’arrière de la structure métallique sur laquelle est fixé un panneau de trois mètres sur deux. Dessus, des centaines de mini-papiers recouverts d’écritures.
  1. Entre le mur et le panneau, un étrange va et vient.
  1. Des femmes se faufilent pour relever les nouvelles annonces disposées sous une vitre, accessibles par l’intérieur du kiosque uniquement (le guichetier centralise les affichettes, les colle et les retire au bout de dix jours).
  1. Invisibles de la rue, elles griffonnent des numéros de téléphone, appellent, discutent entre elles, rappellent, attendent, vont et viennent.
  1. Le temps passe.
  1. L’une d’elles s’assied sur le banc jusqu’à ce qu’une voiture avec chauffeur vienne la chercher.
  1. Derrière le kiosque, une discussion s’engage entre deux femmes, l’une veut un travail, l’autre une nourrice, « comment vous appelez-vous, quelle nationalité, des papiers, un mari, des enfants ? », elles se scrutent, échangent des coordonnées, l’une saute dans sa voiture garée en double file, l’autre s’attarde encore un peu.

Notes

[1450 euros net par mois pour 24 heures par semaine = 4,33 euros par heure. 1/ Le taux horaire minimum net, pour les auxiliaires parentales, qui ne sont censées s’occuper que de l’enfant et de ce qui le concerne, est de 5,46 euros. 2/ En ne déclarant pas sa nourrice/femme de ménage, la personne économise les charges salariales et patronales, égales à 4,49 euros par heure si on prend le salaire minimum comme référence. Donc, au lieu de payer un total de 9,95 euros par heure, elle ne dépense que 4,33 euros.

[2590 euros pour 30 heures au minimum par semaine = 4,5 euros à l’heure, non déclaré, au lieu de 9,95 euros. L’employeur est, en plus, tenu de rembourser la moitié de la carte orange du salarié, et la pratique veut que si rien n’est prévu pour le déjeuner de la nourrice, l’employeur lui verse trois euros par journée travaillée. Par ailleurs, en n’étant pas déclarée, la nourrice risque de ne pas avoir de congés payés.

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Publiée dans Vacarme 25, , pp. 117-121.