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Urgence Mineurs Isolés

Ils viennent d’Afghanistan, du Bangladesh, de Roumanie, ils ont traversé six, sept voire dix pays avant d’arriver à Paris, on les croise sous la station de métro Jaurès ou à la soupe populaire place du Colonel Fabien, ce sont souvent des adolescents, parfois même des enfants.
Dans le jargon administratif, ils sont désignés par l’acronyme MIE, Mineurs Isolés Etrangers. Les textes internationaux et la loi française prévoient que l’État et les collectivités locales les protègent et les scolarisent.
Dans les faits, ils sont livrés à eux-mêmes et à la rue, bien souvent plus considérés comme de futurs clandestins à expulser que comme des enfants à protéger. Les pouvoirs publics se renvoient la balle, se disant dépassés par le flot d’arrivées ou craignant qu’un accueil trop respectueux de la loi amène plus de jeunes gens à venir sur leur territoire.
À Paris, l’association France Terre d’Asile a été chargée par le Conseil de Paris, via la PAOMIE (Plateforme d’Accueil et d’Orientation), de déterminer parmi les jeunes qui se présentent à elle ceux qui sont « réellement » mineurs. Pour cela, les salariés de l’association ont à leur disposition un questionnaire mêlant entretien individuel et critères d’appréciation physique de l’âge du demandeur. Le caractère approximatif de la méthode amène à des décisions arbitraires, « à la gueule du client », parfois en contradiction avec les documents d’état-civil. Pour l’administration parisienne, l’objectif est clair : limiter le nombre d’orientation vers l’Aide Sociale à l’Enfance et retarder au maximum toute prise en charge en espérant qu’entre temps le jeune aura atteint dix-huit ans.
Face à cette situation scandaleuse et dans le prolongement de la série d’articles consacrée aux jeunes étrangers à Paris, Vacarme relaie la saisine du défenseur des droits par quatorze associations et syndicats qui dénoncent « la forte dégradation de la prise en charge des mineurs isolés étrangers en région parisienne ». L’avis du défenseur des droits est attendu dans les semaines à venir.

Le texte de la saisine consultable sur le site de Hors La Rue

Les articles d’Emmanuelle Gallienne :

L’article d’Alexandra Vié :

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